Hommage à Nipsey Hussle, assassiné dans les rues de Los Angeles

Injustement méconnu du grand public, Nipsey Hussle a été tué par balles ce dimanche à Los Angeles. Il avait 33 ans et tout un tas de morceaux qu'il est désormais important de (re)découvrir.

Figure respectée. « Quand on va à des concerts de Nipsey Hussle ou d’Y.G., on n’y voit que des hispaniques ». À l’évidence, ce propos de Moreno (DJ de L.A. et producteur pour 03 Greedo) ne rend pas totalement justice à Nispey Hussle. Ni les 80 personnes (grand max !) présentes lors de son concert à La Bellevilloise en 2012. Car, si l'Américain, repéré par The Game en 2008, était méconnu du grand public, il n'avait rien à envier aux stars du rap West Coast, apparus comme lui à la fin des années 2000 (Kendrick Lamar, Anderson .Paak, YG, etc.).

Ce n'est pas pour rien, finalement, si les hommages pleuvent depuis hier : tandis que Drake, Snoop Dogg, Rihanna y sont allés de leur post Instagram, Kendrick Lamar, lui, a demandé une minute de silence en hommage à son ami lors d’un concert en Argentine.

Culte de l'indépendance. « Crenshaw », « Slauson Boy 2 » ou « Victory Lap », probablement l’un des meilleurs albums hip-hop West coast de ces dernières années : la profonde et intense musicalité des albums de Nipsey Hussle ne relevait pas du hasard. Le rappeur de Crenshaw a toujours été un artiste obsédé par le détail, opposé aux sacrifices. Lorsque Rick Ross lui propose de signer sur son label, il refuse. Lorsque Snoop Dogg lui offre un rôle dans le biopic sur N.W.A., même réponse. Nipsey Hussle a ses propres idées, et il compte bien y rester fidèle – à titre d’exemple, combien, à sa place, aurait cherché à surfer sur le succès de Fuck Donald Trump, hymne antipolitique composé aux côtés de YG ?

To live & die in L.A. Contrairement à tant d'autres, ce qui sidérait chez Nipsey Hussle, c'était sa normalité. Comme s’il avait, à l’inverse des codes trop souvent établis dans le hip-hop, appliqué à sa seule musique toute la fantaisie et l’excentricité que l’on attend généralement d’un rappeur ayant œuvré quelque temps au sein du gang des Crips. Ses premiers freestyles étaient brutaux, ses textes remplis de ce spleen inhérent à ceux qui ont vu la mort de près, mais à l'énergie toujours californienne. C'était un gars du cru, un angeleno obsédé à l'idée d'aider sa communauté - d'où la création d'une boutique de vêtements dans son quartier, le même où il a été abattu dimanche dernier.

Authentique. À l’inverse de tant d’autres artistes ayant embrassé la destinée mortifère d’une côte Ouest fantasmée (Jim Morrison, Eazy-E, 2Pac, la liste est longue..), Nipsey Hussle ne cherchait pas uniquement à adapter son rêve californien à ses fantasmes. Il avait eu affaire avec la mort et avec les meurtres, il savait que les « balles n'ont pas de nom ». Il le disait en interview, il le rappait. Non, le bonhomme nourrissait d'autres ambitions, plus communautaires et entrepreneuriales. Il aurait pu faire comme tant d’autres, s’exiler dans une belle villa à Bel Air, mais non : Nipsey Hussle voulait rester près des siens. Dimanche, il en a payé le prix fort...

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