Her : « Les hommes ont une grande part de féminité en eux »

Avec Theo Lawrence & The Hearts, c'est certainement l’autre pépite soul made in France du moment. Jack est allé à la rencontre du duo Her avec, en bonus, une session tournée au Palais Royal.

Pourquoi avoir choisi Her comme pseudo ?

V : Pour plusieurs raisons, à vrai dire. C’est une façon pour nous de rendre un hommage à notre entourage professionnel, assez féminin. C’est aussi un mot très noble, très sensuel, mais ce qui nous plaît vraiment, c’est qu’il a été trouvé après avoir composé un certain nombre de morceaux. On s’est rendu compte que beaucoup de nos chansons parlaient de la femme et que nos clips ou nos visuels suivaient la même tendance. On s’est donc dit que Her incarnait parfaitement tout ça.

Est-ce que vous avez également choisi ce nom afin de toucher un public féminin ?

S : Non, on veut toucher tout le monde. Et puis, on est persuadés que les hommes ont une grande part de féminité en eux.

J’ai lu que vous vous considériez comme féministes. Ça veut dire quoi en 2017 ?

V : J’ai encore du mal à comprendre comment on peut s’étonner d’entendre deux mecs prendre la parole pour l’égalité homme/femme. À croire qu’il faut être une femme pour tenir ce genre de propos…

S : Le féminisme est un bien grand mot, qui peut faire peur, mais l’idée est simplement de respecter le droit des femmes. Ça peut paraître évident, mais ça ne l’est pas tant que ça pour tout un tas de gens. Il suffit de regarder la différence de salaires en France entre un homme et une femme pour des postes équivalents…

Il y a un côté très sensuel, très romantique dans vos morceaux. Ça vient de votre passion pour la soul ?

S : Le truc, c’est que l’on parle beaucoup de notre intimité, du désir ou du corps de la femme, donc l’ambiance colle avec les paroles.

V : Après, c’est vrai que la soul nous a donné envie d’écrire. On vient tous les deux du classique et on a réussi à s’affranchir des codes à travers la soul, sans tomber dans la facilité ou les clichés liés à cette musique. C’est aussi pour ça qu’on essaye d’incorporer des éléments propres au hip-hop ou à l’électro dans nos morceaux, histoire de ne pas être dans une démarche revivaliste.

Écouter de la soul dans un pays très marqué par le rock et la chanson, c’était une façon pour vous de vous démarquer ?

S : Ce qui est sûr, c’est qu’écouter ce genre de musique à l’adolescence, ça nous a clairement permis de nous différencier aujourd’hui, d’avoir, je pense, une vraie singularité au sein de l’industrie musicale.

V : Si tu écoutes Unknown Mortal Orchestra, Alabama Shakes ou James Blake, il y a quand même tout un tas d’artistes qui prouvent que l’on peut amener la soul encore plus loin, que cette musique n’est pas figée dans le passé et qu’elle n’a pas uniquement influencé des Afro-américains.

Vous regrettez que l’on ne parle pas assez de vos influences hip-hop dans les interviews ?

S : Tant que l’on ne nous enferme pas dans un type de son, rien ne nous dérange. Après tout, c’est l’enjeu de pas mal de groupes : réussir à avoir une identité propre, à ne plus être comparé à un tel ou un tel.

V : Quand tu écoutes Arcade Fire, James Blake ou The xx, tu sais que ça ne ressemble à rien d’autre. J’aimerais que ce soit pareil pour nous, que les gens, lorsqu’ils nous écoutent, se disent que ce n’est ni soul, ni hip-hop, ni pop. De toute façon, on jette à la poubelle un morceau dès qu’on sent qu’il ressemble trop à un truc que l’on connaît.

J’ai lu que vous étiez obsédés par l’idée d’être bien habillés. Pourquoi est-ce si important ?

V : On était récemment à Détroit dans les locaux de Motown et ça nous a rappelé à quel point des artistes comme les Temptations, Marvin Gaye ou James Brown travaillaient l’aspect live et arrivaient sur scène avec des tenues spécifiques. Il y a même une légende qui dit que James Brown faisait descendre le cachet de ses musiciens si ces derniers n’avaient pas leur chemise bien repassée. Nous, on n’est pas aussi extrêmes, mais on souhaitait faire un clin d’œil à cette époque.

S : C’est aussi un moyen d’incarner cette soul élégante et raffinée que l’on souhaite composer, d’amener une petite touche d’entertainment à nos concerts.

On commence à parler de Her dans les pays anglo-saxons. C’est quelque chose que vous recherchiez ?

S : Ça a toujours été un objectif. Le fait de chanter en anglais, par exemple, c’est clairement une volonté de se faire comprendre dans le monde entier. Alors, forcément, quand on a entendu les retours de la presse américaine sur notre premier single, Quite Like, on était super ravis.

Et votre album, il arrive quand ?

V : On va d’abord sortir un live, extrait d’un concert donné à la Gaîté Lyrique de Paris, mais l’album devrait arriver début 2018. Comme tu disais, on sent qu’il y a de l’attente, mais on ne veut pas se presser ou s’imposer de planning pour autant. Là, on rencontre pas mal de gens, on collabore, on compose selon l’inspiration du moment et c’est très bien comme ça. On aime cette possibilité de pouvoir être spontanés.

« HER LIVE TAPE #2 », avec des versions live de leurs morceaux, vient de sortir chez Barclay.
Le groupe sera en concert à Rock en Seine le 26 août.

Vous aimerez aussi

  • Qui sommes-nous

    Pour en savoir plus sur JACK
    VOIR LA PAGE
  • Newsletter

    Le meilleur de JACK dans votre boîte mail

  • Contact

    JACK aime les projets, idées, remarques, mais aussi les câlins
    CONTACTEZ-NOUS