Gainsbourg-Birkin : leur "Je t'aime moi non plus" a 50 ans

« Je vais et je viens… entre tes reins. » Le morceau sulfureux qui allait faire le tour du monde a été publié un beau jour de février 1969 (année érotique).

Histoire d’un plan à trois. Certains l’adorent, d’autres la détestent mais dans tous les cas, la chanson Je t’aime moi non plus ne laisse personne indifférente. Même 50 ans après, l’un des titres les plus « culs » du couple Gainsbourg-Birkin reste une espèce d’OVNI – qui imaginerait Kim K et Kanye faire la même chose ? Et pour quel résultat ? – et dont l’histoire est au moins aussi dingue que la mélodie.

Au départ, Je t’aime moi non plus est sortie en 1967. Initialement la chanson avait été composée pour Bardot, avec qui Gainsbourg entretient alors une liaison. Il y est déjà question de looooongs râles et de soft porn, mais petit hic : Bardot, à l’époque, est déjà maquée avec un homme d’affaires (Gunter Sachs) qui, en découvrant le titre à la radio, menace de faire un procès. Mort du tube, retrait des radios. Dommage : Gainsbourg l’avait écrit comme « la plus belle chanson qu’on pourrait offrir à une femme ».

Ça se tire la bourre chez Gainsbourg. C’est là que l’histoire s’emballe. Deux ans plus tard, en 1969, Gainsbourg, qui s’était pourtant juré de laisser la chanson dans un tiroir, ne peut s’y résoudre. Sa nouvelle conquête, une jeune Anglaise nommée Jane Birkin, accepte finalement de devenir la seconde à chanter le morceau maudit :

« C'est un trop joli thème, dira plus tard Serge. J'ai fait écouter à Jane, qui d'abord était choquée par la tension. Et puis, je me suis mis au piano. Nous avons gardé la tonalité do majeur qui avait été l'originale. Elle a pris carrément l'octave au-dessus ! Ce qui fait que ça a donné une couleur très particulière et très juvénile et c'est ça qui a fait marcher le disque. Je ne suis pas sûr que l'original aurait été un succès international. »

Posture ou constat lucide ? Un peu des deux sans doute. Car la version de Je t’aime moi non plus par Birkin va atteindre des sommets : 750 000 exemplaires vendus. Contre seulement 20 000 pour la version de Bardot qui sortira finalement en 1986, dans une complète indifférence.

Censuré à la radio (encore). Pour atteindre ce score hallucinant, Serge Gainsbourg et Jane Birkin, en experts marketing avant l’heure, n’ont eu qu’à bousculer les mœurs de l’époque. Dès sa sortie en 1969, le titre est un scandale à peu près partout. Refusé dans la programmation de certaines radios françaises, critiqué par le Vatican (« notre meilleur attaché de presse » dira plus tard Gainsbourg), progressivement interdit sur toutes les ondes européennes, le titre capte le parfum de libération sexuelle de l’époque, et sa censure radiophonique lui permet de devenir un objet interdit, et donc à posséder absolument.

Deux ans après, le couple tentera de refaire le même coup avec La Décadanse, en vain. Mais quand plus tard les journalistes lui reparleront du morceau polémique, Serge Gainsbourg répètera à qui voulait l’entendre que sa plus grande fierté était que Je t’aime moi non plus soit devenu le premier titre français numéro un en Angleterre. La French touch, avant l’heure.

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