Le format album a-t-il encore un avenir ?

Alors que certains médias tentent de populariser le "slow listening" (une pratique favorisant l’écoute d’albums dans leur intégralité), il est bon de rappeler que le format long n’est pas encore mort. Et on lui promet même à nouveau un bel avenir.

« Les films ne sont pas vendus scène par scène, je ne vois pas pourquoi cette collection devrait être séparée en singles individuels. » Ces propos ont été tenus par Jay-Z en 2007, après qu’il a claqué la porte de la plateforme de téléchargement d’Apple qu’il accusait d’avoir segmenté son album « American Gangster ». S’ils peuvent faire rire aujourd’hui, quand on sait que le bonhomme a depuis lancé Tidal, ils illustrent toutefois l’intérêt et la pertinence du format album dix ans plus tard.

L’arme préférée des rappeurs. À l’heure du streaming, des playlists en pagaille, de la disparition du MP3, l’album reste un format prisé  sinon comment expliquer que les ventes de vinyles aient surpassé le numérique en Grande-Bretagne pour la première fois depuis l’apparition du téléchargement ? Les rappeurs ont d’ailleurs parfaitement compris à quel point le disque restait encore et toujours le meilleur moyen de composer une œuvre globale tout en accumulant les morceaux histoire de squatter les sites de streaming. Bon, les albums sont parfois produits comme des mixtapes, mais l’essentiel est là : s’ils peuvent être désossés, décomposés pour être vendus titre par titre sur les plateformes en lignes, les disques de Kendrick Lamar, Damso ou Run The Jewels s’entendent avant tout comme des univers structurés, où il est possible d’affirmer un style, un univers, une singularité.

Concept-albums. Et les MC ne sont bien évidemment pas les seuls à croire encore au format long. Parmi les exemples, nombreux, il y a « Planetarium », l’album composé par Sufjan Stevens, Bryce Dessner (The National), Nico Muhly et James McAlister. Impossible d’imaginer l’écouter sans s’attarder sur chacun des morceaux, de même qu’il serait impossible de lire Sur la route de Kerouac ou de regarder Lost Highway de Lynch en zappant des scènes ou des chapitres. C’est une œuvre totale, qui n’a de sens que dans sa globalité. Et ça, ce genre d’expérience intégrale, on est prêt à parier que ça peut survivre à tout, aux nouvelles tendances comme aux évolutions technologiques.

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