Faites-vous une raison : Car Seat Headrest est la relève du rock indie

Le groupe américain mené par Will Toledo, musicien hyperactif et talentueux, n’arrête pas de prouver qu’il faut compter sur eux pour redorer le blason du rock indé.

On est en droit de se poser la question : en ont-ils les épaules ? En tous cas, rares sont les groupes qui, si jeunes, arrivent à un tel niveau de maturité. À seulement 25 ans, le leader Will Toledo est aujourd’hui considéré comme un petit génie du rock. Mais avant de s’être vu décerner ce nouveau statut, le jeune homme a passé huit ans à peaufiner son style, son jeu de guitare et ses compositions.

Talentueux. Le projet Cart Seat Headrest (appuie-tête de voiture en VF) commence en 2010. À cette époque, le jeune Will préfère enregistrer sa voix à l’arrière de la voiture parentale (d’où le nom), n’étant pas à l’aise de chanter dans sa chambre. Petit à petit, ses chansons gagnent du terrain et les premiers fans dans la sphère DIY parlent de lui. Il publie tout de même quatre albums en 2010. Des albums bricolés dans sa chambre avec les moyens du bord, mais qui montrent déjà un potentiel et des capacités inouïs.

Les années fac. À l’université, Will s’ennuie et continue d’expérimenter et d’affiner son style d’écriture. Il en profite pour se rôder en live avec un groupe, dans une petite salle du campus. L’un de ses albums, « My Back Is Killing Me Baby » finit par sortir sur un label local baptisé Giraffe Boy. Installé depuis peu à Seattle, il reçoit un jour un mail du boss du label Matador, maison de disque indé dont la réputation n’est plus à faire (ils ont signé Yo La Tengo, Queens Of The Stone Age ou encore Kurt Vile). L’histoire raconte qu’un stagiaire aurait fait écouter ses disques au patron, Chris Lombardi. En l'espace d'une semaine, un contrat est signé.

Influences. La machine est en route, et compte bien tout dévaster sur son chemin. Après trois albums sur ce nouveau label, dont une réédition retravaillée d’un de ses disques précédents « Twin Fantasy » que le jeune homme a complètement ré-enregistré, rien ne semble les arrêter. Très malin dans son style d’écriture, espiègle et doté d’une faculté à s’approprier le meilleur de ses influences, le jeune homme pioche là où bon lui semble : côté rap, il penche vers Kendrick Lamar, « pour les paroles parfaites du début à la fin » sur « To Pimp A Butterfly ». Coté rock, direction Pavement et Guided By Voices.

10 000 disques. Pourtant, un litige aurait pu coûter cher au groupe. Sur l’une de leur chanson, Just What I Needed, sortie sur l’album « Teens Of Denial » en 2016, l’intro reprend une mélodie d’un autre groupe, The Cars. Les détails techniques n’étaient pas totalement réglés et le label a dû détruire les copies déjà pressées du disque, autour de 10 000 exemplaires. Qu'à cela ne tienne, les fans font preuve de sympathie et le petit buzz autour de ce conflit va plutôt dans l’intérêt du groupe, qui finit par ré-enregistrer la chanson en la renommant Not What I Needed. Ils ont de l’humour en plus.

Car Seat Headrest sera sur la scène du Trabendo lors du Festival Villette Sonique le 26 mai. Plus d'infos ici.

Crédit photo : Heather McCutcheon

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