Et si la pop folle de Kirin J. Callinan redonnait le sourire aux Australiens ?

Pendant que l'Australie pleure ses paysages désolés, brûlés par les incendies qui ravagent le pays, l’un de ses fils prodigues, probablement le plus déluré d’entre eux, vient de balancer un nouveau clip, « The Homosexual ». Et c’est important d’en parler.

Beautiful freak. Au sein de la rédaction, on se plaît à définir Kirin J. Callinan comme un croisement audacieux et improbable entre Salut C'est Cool, Jacques, la Fat White Family et tout un pan de la country américaine. Ce qui pourrait paraître pour une blague, un vaste délire enfumé de journalistes musicaux complétement perchés, se révèle au contraire assez juste lorsqu’il s’agit d’évoquer la musique de l’Australien, originaire de Sydney. Autant dire que les différents albums de ce proche d’Alex Cameron s’entendent comme une accumulation aussi virtuose qu’inventive de couches, de pistes et de détails instrumentaux.

Crooner pathétique. Là où la majorité des artistes actuels se contentent de répéter une formule mainte fois éculée, Kirin J. Callinan refuse de se laisser menacer par les forces néfastes de l’inertie et de la routine. Et ça, c'est d'autant plus vrai depuis 2017, année au cours de laquelle il publie son deuxième album : quatre ans après « Embracism » et ses élans de crooner tourmenté, l'extravagant « Bravado » pose en effet les bases d'un univers. D'un personnage également : celui d'un artiste qui ne craint pas de flirter avec le mauvais goût et les refrains putassiers, comme sur ce Big Enough où le rock de stade et l'EDM viennent gonfler une mélodie synth-pop.

Un OVNI ? Sans doute. Un freak totalement incontrôlable ? Probablement. Ses clips sont l'œuvre d'un cerveau maboul. Ses interviews se lisent comme un florilège de punchlines lucides (« Qui en a encore quelque chose à foutre des singers-songwriters aujourd'hui ? », s'interrogeait-il dans un entretien accordé à Spin). Ce qui ne l'empêche pas de fasciner ses contemporains : de Weyes Blood à James Chance, de Connan Mockasin à Owen Pallett, de Sean Nicholas Savage à Hubert Lenoir tous ont collaboré avec l'énergumène, fascinés par sa faculté à tourner la pop en dérision, à créer plusieurs niveaux d’écoute sans jamais tomber dans la mélodie faussement complexe.

Intenable. Après tout, l’important lorsqu’on évoque la discographie de Kirin J. Callinan, ponctué par un album de reprises complétement absurdes sorti l’année dernière (« Return To Center »), est de ne pas rester en surface. OK, tout est complétement disproportionné, comme cette affreuse coupe mulet qu’il arborait il y a quelques temps. OK, le mec a un peu trop tendance à sortir son sexe inopinément (il a d’ailleurs été poursuivi pour exhibitionnisme). Okay, il ose collaborer avec des producteurs adeptes de la démesure, tels François Tétaz, auréolé d’un Grammy en 2012 pour son travail auprès du chanteur Gotye.

Mais voilà : qui aujourd'hui arrive à être à la fois Nick Cave, Kate Bush, Bowie, The Weeknd et Calvin Harris au sein d'un même morceau ? Qui peut rendre incontournable des tubes de Randy Newman, Ultravox ou Laibach ? Qui parvient à avoir l'air totalement second degré et absolument sincère dans une même seconde ? La réponse, vous l’avez forcément.

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