Et le rap canadien, on en parle ?

À l'image de ce qu'il se passe en Suisse et en Belgique, le rap canadien s'émancipe pour de bon et s'affranchit des postures françaises et américaines. En voici une brève présentation, garantie sans Loud et Koriass.

FouKi

Avec son label 7ième Ciell, voilà quinze ans que Steve Jolin défend la richesse du rap québécois, persuadé que la réussite de ses artistes n’est qu’une question d’ouverture culturelle. Parmi eux, il y a des anciens comme Koriass ou Alaclair Ensemble, mais aussi FouKi, « la nouvelle coqueluche du rap local » à en croire le magazine québécois Voir. À 22 ans, il ne vit pas encore totalement du rap, partageant son temps entre les studios et un job dans une pizzeria, mais son premier album (« Zay ») est de ceux qui étonnent par sa liberté, sa capacité à varier les interprétations et ses refrains entêtants.

Rowjay

À 23 ans, ce fils de bonne famille, comme il le confesse lui-même, aime les connexions. On lui doit notamment la rencontre entre Hamza et le producteur Freakey!. On lui doit aussi un freestyle aux côtés de Di-Meh et Krisy. On lui doit surtout un EP comme « Hors Catégorie », publié en 2018 et marqué par le refus de rapper en franglais. Un choix fort et assumé qui lui permet de ne pas être rattaché à une scène montréalaise spécifique.

Nate Husser 

Côté anglophone, Nate Husser est probablement l'un des artistes les plus excitants à l'heure actuelle. Son rap est sombre, angoissé même parfois, ce que l’on comprend parfaitement en l’écoutant raconter son enfance au magazine Paroles & Musique : « J’ai grandi très vite, beaucoup plus que bien d’autres personnes. Rapidement, j’ai été témoin de plusieurs choses dans la rue. J’ai connu la violence, la corruption, j’ai vu des gens se retourner les uns contre les autres… Tout ça avant l’adolescence. » Loin d'être plombantes, ses productions impressionnent au contraire grâce à une variété de flow et un sens du refrain imparable - pas pour rien si la chanteuse pop Charlotte Cardin l'avait invité à poser un couplet sur Like It Doesn't Hurt.

White-B 

Tendre une oreille aux productions de White-B, c’est comprendre que le MC montréalais, s’il n’est pas encore taillé pour aller tutoyer le sommet des charts européens et américains, est en tout cas de ceux par qui le changement pourrait arriver. C’est comprendre que la nouvelle génération du rap québécois, portée également par Zach Zoya ou Naya Ali, avance sereinement et semble composer ses morceaux comme une poche de résistance aux standards du rap français. Le tout avec l'aisance de vieux briscards ayant assimilé des décennies de hip-hop passées et ayant anticipé celles à venir.

TOBi

Arrivé à Toronto à l'âge de 8 ans, TOBi s'est vite passionné pour la scène hip-hop locale, sans pour autant chercher à y être constamment rattaché. « FYi », sa première mixtape parue en 2016, devait d'ailleurs plus aux productions de Childish Gambino et Chance the Rapper qu'à celle de Drake et de l'écurie OVO Sound. Avec son dernier single, City Blues, récemment sorti, TOBi poursuit la même ambition et, forcément, ça fait palpiter notre petit cœur tout mou.

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