Quand des enseignants utilisent le hip-hop pour apprendre le codage

Apprendre le codage et le langage HTML à travers le hip-hop, c’est désormais possible grâce à une communauté d’activistes new-yorkais prêts à proposer des ateliers aux étudiants américains défavorisés.

Le hip-hop est plus que jamais le langage de notre époque. Et ça, Jamel Mims l’a bien compris. À New York, cet enseignant utilise le rap, les réseaux sociaux et les smartphones pour capter l’attention des étudiants les plus démunis et leur enseigner des notions de politique et de genre. « Les écoles prétendent généralement que les téléphones portables sont distrayants, mais le monde prouve que les téléphones portables et d’autres technologies sont des outils privilégiés chez les jeunes, a-t-il déclaré à The Economist. En classe, nous essayons donc de tirer parti de cela à chaque fois que nous le pouvons. »

Du hip-hop à la fac. Jamel Mims n’est évidemment pas le seul à utiliser le hip-hop comme prétexte pour véhiculer un savoir spécifique : à Washington, des cours ont ainsi longtemps été dispensés sur les textes de 2Pac, tandis que, à l’université de Georgetown, un cours se nomme « Sociologie du hip-hop, théodicée urbaine de Jay-Z ». Mais l’Américain va encore plus loin et semble faire partie d’une communauté plus large d’activistes et d’enseignants qui cherchent à sensibiliser les étudiants défavorisés à des technologies comme la réalité virtuelle, la réalité augmentée et le codage à travers la musique et la culture hip-hop.

« Il n’y avait peut-être qu’un seul participant sur vingt qui connaissait ces technologies.« 

Une démarche plébiscitée. Chaque mois, des hackathons sont ainsi mis en place afin de favoriser le développement d’étudiants en retard sur leurs compagnons du même âge. Et ça marche : en avril 2016, le premier Hip-Hop Hacks réunissait plus de 500 jeunes new-yorkais et leur proposait différents ateliers d’apprentissage autour du langage HTML, du CSS et… du DJing. « Il n’y avait peut-être qu’un seul participant sur vingt qui connaissait ces technologies. Le reste a été attiré par l’approche hip-hop », s’est ainsi réjouie Sommer McGoy, l’organisatrice de l’événement, qui prévoit de proposer d’ici 2018 les mêmes ateliers à Washington D.C., à Chicago ou à Richmond.

Utiliser Alright de Kendrick Lamar pour parler de hip-hop, de technologie et d’activisme social.

Changer le monde. Le fait d’être accompagné par des professionnels de la technologie est évidemment un autre argument en faveur de ces hackathons : Uber, LinkedIn ou encore Spotify suivent en effet le mouvement et servent de guide aux étudiants dans l’apprentissage du codage. En juin dernier, Tumblr organisait même un événement aux côtés de Hip-Hop Hacktivists à destination des jeunes issus d’établissements scolaires aux taux d’échecs élevés, ainsi qu’à ceux ayant des antécédents criminels, aux sans-abri ou aux personnes LGBT. L’idée: utiliser Alright de Kendrick Lamar comme point de départ pour parler de hip-hop, de technologie et d’activisme social. Pas rien quand on connaît l’impact du rappeur californien auprès des plus démunis, mais aussi la possibilité offerte par les nouvelles technologies de changer le monde et de le rendre plus juste.

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