"Either/Or" d'Elliott Smith, 20 ans déjà

Il y a vingt ans paraissait l’un des disques les plus discrètement cultes du Rock'n'roll, le troisième album d’Elliott Smith, tragiquement décédé en 2003. Autopsie d’un mythe.

Lorsque « Either/Or » paraît, le 25 février 1997, la critique célèbre le talent brut de ce songwriter démesurément doué, archi tatoué et skateur passionné, dont les compositions convoquent le folk mélancolique de Nick Drake comme les ballades de Paul McCartney. Mais le public ne suit pas. Pas encore : il faudra que Gus Van Sant, grand fan devant l’Éternel d’Elliott Smith, utilise trois de ses titres dans The Good Will Hunting.

Le morceau le plus triste du monde. Avant cela, Smith aura roulé sa bosse. Né le 6 août 1969 dans le Nebraska, il grandit au Texas puis à Portland, où il tombe amoureux d’une scène pré grunge et anti consumériste. Au débit des années 1990, il forme le groupe de rock Heatmiser avant de se lancer en solo. Son premier album, « Roman Candle », paraît en 1994.

« Je ne suis pas fait pour la célébrité. »

Il brille déjà par ce qu’il appelle des « petites images créées avec des mots », mais remporte peu de succès. Idem pour le second, éponyme. S’ensuit « Either/Or », enregistré entre Portland et Los Angeles. Le disque s’illustre par sa force mélodique, déclinée sur des titres comme Beetween the Bar, Say Yes ou l’un des morceaux les plus tristes du monde, Angeles.

Smith Vs Celine Dion. En 1998, il chante Miss Misery à la cérémonie des Oscars où le morceau a été sélectionné. Il ne remporte pas la statuette (face à lui, My Heart Will Go On) mais se fait remarquer, lui et sa voix indéfinissable, son costume blanc et son regard perdu. « Either/Or » connaît une belle envolée dans les ventes, et Elliott Smith doit s’habituer à une notoriété qu’il n’avait jamais cessé d’espérer mais qui lui fait désormais peur. « Je ne suis pas fait pour la célébrité », ne cesse-t-il de répéter.

L’instabilité émotionnelle de son enfance, perturbée par le divorce de ses parents et sa peur d’être abandonné, revient le ronger. Son refus total de compromis artistique et une sévère addiction à l’héroïne lui valent une dépression carabinée. Le 21 octobre 2003, on retrouve le corps inanimé du musicien, mort de deux coups de poignard dans le cœur. Un décès pas franchement élucidé, la présence de sa petite amie brouillant les pistes – même si elle fut innocentée. Une disparition étonnamment violente pour Smith, jusqu’ici empêtré dans une sensibilité extrême. Ce dont témoigne encore un inédit présent sur la réédition d »Either/Or », le céleste I Figured You Out.

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