Les dix choses à savoir pour faire presser son vinyle

Ça fait cinq ans que tout le monde te parle du « retour du vinyle » et toi aussi tu veux le tien. Problème : comment l’envoyer à l’usine quand on n’a pas de label ? En le faisant soi-même grâce à ce tuto à faire tourner sur toutes les platines de France.

1. Commencer par se poser les bonnes questions.

Entre votre commande et la livraison, vous devrez compter – dans le meilleur des cas – huit à neuf semaines. Pour éviter les galères, autant prendre cinq minutes et faire le point. Que voulez-vous ? Un EP ? Un LP ? Plutôt 45 ou 33 tours ? Et quelle quantité ? Quel type de pochette ? Le vinyle : noir ou couleur ? Avez-vous besoin de codes de téléchargement ? OK, ça fait beaucoup de questions. Vous avez choisi ? Passons au point 2.

2. Choisir la bonne usine.

Au moins, là, pas d’hésitation, la faute au MP3 et à la crise, il ne reste qu’une seule usine de pressage en France : MPO. Mais pour un groupe sans expérience, s’adresser directement à une usine peut se révéler complexe (voire carrément mission impossible). Des prestataires vous faciliteront la tâche. C’est notamment le cas de Born Bad Records, qui en plus d’être devenu une institution du rock en France, propose également le pressage de votre disque avec un suivi personnalisé de vos commandes. Alternative : le Parisien Wolf Pack (délais de pressage imbattables) et 100vinyl pour de petites quantités (de 100 à 200 exemplaires). Demandez les devis détaillés, comparez et n’oubliez pas qu’entre un pressage à 300 et 500 exemplaires, la différence de prix est très faible. Optez donc pour 500 !

3. Obtenir les infos techniques.

Point important pour ne pas finir sur Le bon coin : le graphisme. Le fabricant vous fournira les gabarits de pochettes et les infos concernant les masters pour votre ingé son. Si vous êtes misanthrope, isolé sur une île déserte ou simplement dépourvu de tout contact, il existe de très bons services pas chers au Pakistan ou en Inde. Et non, ceci n’est pas une blague raciste : checkez le site Fiverr qui propose des prestations en tous genres à 5 $ pièce.

4. Un peu de paperasse (niveau 1 du relou : débutant).

Dans le merveilleux monde de l’industrie musicale, il existe ce passage obligé qu’on appelle la reproduction mécanique, qui n’a évidemment rien à voir avec l’accouplement des Daft Punk. Il s’agit d’une demande de reproduction sur support obligatoire (pour CD et vinyle) à effectuer auprès de la Sacem (Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique) via un formulaire en ligne. Pour 1000 vinyles vendus 10 € chacun, il vous faudra par exemple régler 740 € de SDRM (7,40% du prix de vente au détail de chaque exemplaire). Et, bien sûr, un peu comme le permis de conduire : sans l’autorisation de reproduction délivrée par la Sacem et transmise au presseur, pas de fabrication possible. Astuce : si vous n’êtes affilié à aucune des sociétés de gestion de droits d’auteur, vous n’aurez de compte à rendre à personne. Et donc rien à payer. À vous la route sans permis !

5. Encore un peu de paperasse (niveau 2 du relou : expert).

Vous pensiez en avoir fini avec les corvées ? Il vous reste encore à assigner un code ISRC aux titres de votre album qui devrait changer la vie de millions d’adolescents. Ce passage est obligatoire afin d’identifier les enregistrements sonores eux-mêmes (et accessoirement percevoir vos gains si vos titres sont exploités à l’étranger). Pour se procurer un code ISRC auprès de la SCPP (Société Civile des Producteurs Phonographiques) en France, direction ici.

6. Générer un code-barres.

Un disque sans code-barres, c’est un peu comme un T-Shirt H&M sans manches. Comme pour tout produit de consommation, il faudra l’identifier en lui assignant un code-barres EAN (pour European Article Numbering) de treize caractères généralement imprimé au verso de la pochette. Il est possible d’en acheter en ligne sur CodesMinute. Coût : 5 €. Oui, vous êtes bien en train d’acheter un code-barres. On n’arrête pas le progrès.

7. Créer un numéro de catalogue.

Comme vous êtes parti pour faire carrière, n’insultez pas l’avenir et pensez au long terme : il vous faut créer un numéro de catalogue qui permettra d’inscrire vos œuvres dans la postérité. Exemple : JACK001. Astuce : stockez vos numéros dans un mémo en ligne ou sur un fichier Excel pour éviter les doublons. Et si vous détestez l’informatique, tatouez-les vous sur l’avant-bras (c’est punk).

8. Livrer le master et la pochette à l’usine de pressage.

Concentration requise pour cette partie du boulot ! Les fichiers sons doivent être livrés au format WAV et accompagnés d’une tracklist incluant le nombre et l’ordre des morceaux, les titres ainsi que le timing pour chaque face. Les fichiers graphiques devront quant à eux être exportés au format PDF (300 DPI) d’après les gabarits fournis par l’usine. Le fabricant reviendra vers vous avec un « Bon À Tirer », plus communément appelé BAT (à ne pas confondre avec Bien À Toi).

9. Réception et validation du test pressing.

Selon les délais fixés lors de la commande, le presseur vous enverra ensuite quelques copies d’un test pressing afin de vérifier la bonne qualité de la matrice de duplication. Écoutez-les attentivement sur un bon système son. Suspense ! Effroi ! Ou soulagement ! Validez ensuite la fabrication (et tentez de payer la facture au passage).

10. Attendre la livraison !

L’heure de réception de la marchandise a été fixée. Il ne vous reste plus qu’à ronger votre frein. À ce stade, un peu de yoga ou de méditation peut être bénéfique. Une partie de minigolf entre amis peut aussi faire l’affaire.

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