Presser son vinyle sans se ruiner, merci Diggers Factory

Permettre à des artistes, des labels ou des festivals de produire et rééditer leurs vinyles sans dépenser un euro et sans aucun risque ? Tel est l’ambition de Diggers Factory, plateforme de vinyles à la demande. Alexis Castiel, son cofondateur, nous explique.

Comment as-tu eu l’idée de lancer Diggers Factory ?

Pendant cinq ans, j’ai bossé à Lille pour le festival Le Père Noël est-il un rocker, ce qui m’a permis de rencontrer pas mal d’artistes et de me rendre compte à quel point il est difficile pour eux de financer leur vinyle. Parce que ça coûte cher, parce qu’ils ne savent pas trop où aller… Avec un associé, Victor Périn, on a donc décidé de lancer une plateforme qui permettrait aux groupes de bénéficier d’une aide de A à Z, sans aucun risque financier pour eux. Et c’est aussi l’occasion de démarcher des labels, qui ont bien souvent dans leur catalogue une tonne de disques non réédités. Au lieu de les trouver à une centaine d’euros sur Discogs, on leur propose donc de lancer une campagne de financement, d’assurer la production et de remettre le disque en vente pour une quinzaine d’euros.

Tu n’as pas l’impression que ce genre de démarche se développe énormément ces derniers temps, avec le crowdfunding notamment ?

À l’inverse du crowdfunding, qui se contente de réunir l’argent nécessaire, nous, on propose un vrai système de distribution, en collaborant notamment avec les disquaires, mais aussi une certaine qualité de production. On travaille constamment avec dix usines de production à travers le monde, ce qui permet de bien gérer les différents coûts et les différents délais. Et c’est vachement bénéfique pour les groupes, qui galèrent bien souvent avec ce genre de démarches…

Histoire d’aller encore plus loin, on a même développé un partenariat avec un studio pour qu’ils puissent enregistrer directement là-bas et avoir un son digne de ce nom. C’est vraiment une solution clé en main pour les artistes, mais aussi pour les diggers qui ont là l’occasion de découvrir de nouveaux artistes.

De ton côté, tu te considères comme un digger ?

Aujourd’hui, tout le monde passe du temps à chercher de nouveaux sons sur le web ou ailleurs, donc je pense qu’on l’est tous un peu. D’ailleurs Diggers Factory n’a pas volonté à ne toucher que les spécialistes. Notre cœur de métier, c’est vraiment le vinyle à la demande. C’est aussi pour ça que l’on vient de développer un système de wishlist, où n’importe qui peut proposer un disque à rééditer, lancer une pétition et, si la demande s’intensifie, on lance la production. Il y a même possibilité de laisser divers commentaires si on le souhaite.

« Avec le vinyle, on ressent un esprit très communautaire »

Le plus gros succès de Diggers Factory, c’est quoi pour le moment ?

Sans doute Kacem Wapalek, un rappeur lyonnais pour qui on a géré deux campagnes. Pour la première, on avait réussi à produire 500 vinyles et ça avait très bien marché. Mais il y avait encore de la demande. Alors, Kacem m’a appelé six mois plus tard, on a lancé une deuxième campagne et on en est déjà presque à 600… C’est un mec complètement indé, sans aucun contact avec les labels, Diggers Factory lui permet donc de gagner de l’argent, de satisfaire ses fans, de ne rien gérer par lui-même et d’avoir en main un double LP plutôt classe. Après, il y a eu aussi le dernier King Gizzard. On l’a fait à un euro et il y a eu 3 000 précommandes. Un vrai succès !

En termes de rémunération, justement, ça se passe comment ?

En fait, l’artiste décide du prix de vente par rapport aux différents coûts que la production et la distribution vont engendrer. Nous, on récupère 15% des ventes, le reste va à la SACEM, à la production et à l’artiste. Mais c’est ce dernier qui décide de sa marge. À lui de bien gérer son projet.

« Diggers Factory n’est pas simplement là pour aider les nouveaux groupes »

Tu parlais d’une wishlist tout à l’heure. Il faut s’attendre à d’autres nouveautés ces prochains mois ?

On a développé une agence et on commence à bosser de plus en plus avec des marques. Par exemple, on a collaboré le temps de deux événements à Madrid et à Rome avec Hermès, qui nous avait proposé de monter un disquaire éphémère avec une sélection de disques en rapport avec la collection présentée. Là, on tente également de lancer le Vinyl Live en partenariat avec différents festivals. L’idée, ce serait de permettre aux spectateurs de repartir de l’évènement avec un vinyle des concerts auxquels ils ont assisté. On aimerait réhabiliter cette idée, qui se faisait beaucoup dans les années 1970 et 1980, et qui nous permettrait de prouver que Diggers Factory n’est pas simplement là pour aider les nouveaux groupes. C’est surtout un nouveau moyen de production et de distribution avec lequel même les majors sont intéressés à bosser.

Pour découvrir Diggers Factory, rendez-vous ici.

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