Décès de Lil Peep, le rappeur star de YouTube

En pleine ascension, Lil Peep est décédé à 21 ans d'une possible overdose. Ça n'était pas le plus grand rappeur du moment, mais il était prometteur et surtout il avait une identité musicale forte. Et propre.

RIP rap. Ce n’est pas parce qu’il est décédé qu’il faut exagérer sa notoriété. Avant de passer l’arme à gauche durant la nuit du 15 au 16 novembre, Lil Peep, 21 printemps, n’était pas une star du rap. Une star de YouTube plutôt, où ses vidéos enquillaient les millions de vues. Cependant, il avait une singularité. Les termes « emo-rap », ou « emo-trap », qu’il revendiquait d’ailleurs, sont trop réducteurs. Il suffit d’écouter son dernier album, « Come Over When You’re Sober, Part. 1 », sorti en août dernier, pour s’en rendre compte.

Pas le nouveau Kendrick Lamar. Alors oui, Lil Peep mariait l’imagerie des rappeurs tatoués de la tête aux pieds à celle des musiciens un poil androgynes. Ce côté emo, dépressif, monocorde, alliant textes fleur bleue et lyrics raw était une marque de fabrique. Il avait notamment l’habitude de rapper avec une voix doublée, triplée, chantée, apportant un côté pop à ses tubes, comme sur le titre Awful Things — son plus gros carton sur la plateforme vidéo. Des nappes faites de bruits blancs, des mélodies accrocheuses… Il n’était pas en train de prendre le milieu hip-hop d’assaut, ça n’était pas le futur Kendrick Lamar, mais il avait déjà, à 21 ans, fait son sacré bonhomme de chemin, hors des sentiers battus et rebattus, avec un son propre. Pour ça, respect.

Fils de Kurt Cobain. Dans un portrait qui lui était consacré en juin dernier, le New York Times osait la comparaison avec Kurt Cobain. Il faut dire qu’en arborant des t-shirts à l’effigie du chanteur Nirvana et en hypnotisant les kids venus le voir en concert, Lil Peep était porteur d’une esthétique punk (grunge serait un peu exagéré) que l’on retrouve dans le rap d’aujourd’hui, certes, mais toujours « testostéronée ».

Né à New York, il avait déménagé à Los Angeles pour se lancer dans la musique. Premier EP, premier pied à l’étriller avec un succès local notable. Mais c’est surtout avec Crybaby et Helloboy que le rappeur fera parler de lui, et deviendra un digne représentant de cette génération d’artistes maladroitement estampillés SoundCloud. Ça ne veut rien dire, on est d’accord. Mais Lil Peep le revendiquait. Il avait su flairer le filon et faire de son personnage, authentique, un type en phase avec son époque, en plein milieu du rap mutant.

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