De Nicki Minaj à Martin Solveig, une brève histoire du twerk

Si Martin Solveig a créé le malaise en demandant à une footballeuse de twerker lors de la cérémonie du Ballon d’or, il nous sert au moins d’excuse pour remonter aux origines de cette danse dynamique qui choque tant les réacs'.

Aux origines. On le sait peu, mais le twerk, contraction des mots « twist » et « jerk », est apparu dans la culture hip-hop américaine au milieu des années 1990, influencé par la scène bounce de la Nouvelle-Orléans. On dit alors de cette danse qu’elle est misogyne, dégradante et qu'elle ne fait finalement que piller une danse érotique sénégalaise : le leumbeùl, un dérivé du sabar traditionnel.

Ce que ne manquait pas de rappeler la chorégraphe sénégalaise Fatou Cissé dans un article de Libération, avant de préciser la puissance féministe de ces booty-shakes : « Là où la tradition entrave les femmes, les relègue au second plan, contrôle leur rapport au corps, le sabar est le moment où toutes les chaînes explosent, où les femmes s’éclatent complètement, exhibent leur pouvoir sexuel en particulier. »

Célébration et réappropriation. Depuis, Nicki Minaj, Cardi B, Nicky Da B (dans un céllèbre morceau avec Diplo), Beyoncé ou encore Rihanna (pour ne citer qu'elles) ont popularisé cette « danse du ventilateur » à grande échelle. Au point d'influencer des artistes blanches, et donc supposément éloignées de cette culture afro-américaine. Pour des prestations tout aussi mythiques : on pense ici à We Can't Stop de Miley Cyrus, Hard Out Here de Lily Allen (où l'artiste prétend qu'elle n'a pas « besoin de secouer ses fesses car elle a cerveau », alors que son clip met en scène des danseuses noires légèrement vêtues en train de twerker...) ou Shake It Off de Taylor Swift. 

Toutes ces tentatives n'ont pas manqué de faire réagir le milieu du hip-hop, à commencer par Earl Sweatshirt, qui a manifesté sa colère sur Twitter et a accusé l'idole de la musique country de « perpétuer les stéréotypes au sujet des Noirs qu'ont ces filles blanches qui cachent leurs préjugés en proclamant leur amour de la culture afro-américaine ».

Twerk it. Dans Anaconda, Nicki Minaj, probablement la twerkeuse la plus célèbre, grande défenseuse des fessiers bien rebondis, dit elle aussi « emmerder les salopes maigres dans ce club. Je veux voir toutes les salopes avec des gros culs dans ce putain de club ». Car, si le verbe « twerker » était à l'origine dépourvu de toute connotation sexuelle (écoutez, par exemple, Do The Jubilee All de DJ Jubilee en 1993), il fait écho aujourd'hui (dans la bouche des rappeuses et de rappeurs comme Drake, Busta Rhymes ou Waka Flocka) à toutes ces danseuses qui, dans des positions suggestives, osent célébrer leurs corps et faire claquer leurs fesses à une cadence élevée. Au point que certains, comme Martin Solveig, en perdent leurs neuronnes et n'y voient qu'une danse purement sexuelle...

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