Cocaïne et fish and chips : Fat White Family nous a parlé de sa vie à Sheffield

Après avoir donné tout un tas de concerts foutraques en Europe, la Fat White Family est de retour avec « Serfs Up! », un album enregistré à Sheffield. Nathan Saoudi, claviériste de la bande, en a profité pour nous raconter cette nouvelle vie dans le nord de l’Angleterre. Et glisse au passage quelques piques sur Londres.

Au calme. « Actuellement, je suis à Londres, mais je n’ai pas vraiment d’endroits où vivre. Je n’ai jamais vraiment été attaché à cette ville. C’est d’ailleurs pour ça que je me suis installé pendant deux ans à Sheffield, j’avais besoin de voir autre chose. Déjà parce que ça coûtait moins cher d'aller vivre dans le nord de l'Angleterre, mais aussi parce que ça nous permettait de nous isoler, et donc de rester éloignés de toutes les tentations qu'on avait à Londres.

Là, on connaissait les Moonlandingz, ils avaient suffisamment de matériels à nous prêter pour que l'on se concentre sur notre musique plutôt que sur toutes ces choses qui ont rendu notre vie londonienne assez chaotique… On parle quand même d’une ville où les paquets de clopes coûtent environ 14 euros et où la bouffe est loin d’être aussi bonne qu’en France… Bon, vous vous avez le prix de l'essence à gérer avec cette idiot de Macron qui refuse d'écouter le peuple, mais c'est une autre histoire. »

Changer d'air. « À Sheffield, on vivait sur London Road dans un quartier en retrait des coins branchés et un peu plus huppés de la ville. C’était parfait, ça nous permettait de rester concentrés, de stopper un peu l’héroïne et la cocaïne. Au final, on passait beaucoup de temps à enregistrer, on fumait pas mal de weed, on prenait de temps en temps de la kétamine, mais on faisait aussi pas mal de running et d’arrêts chez Fry Master, un putain de fish and chips sur le front de mer…

Honnêtement, il n’y a de toute façon pas grand-chose à faire à Sheffield. Ça en est même déprimant à quel point tu peux t’ennuyer là-bas une fois le soir venu. Mais on a quand même réussi à s’amuser. On y a notamment fait un concert de reprises des titres d’Arctic Monkeys. Ils sont originaires de là-bas, et comme le discours d’Alex Turner a tendance à nous gonfler, on a voulu marquer le coup en se moquant d’eux sur leurs terres... Ça n’a pas plu à tout le monde, mais c’était plus une blague qu’autre chose. »

Rock économe. « À Sheffield, on payait 700 livres pour un appartement avec cinq pièces, ce qui nous laissait le temps d’expérimenter ce que l’on voulait. À Londres, on aurait eu à peine une pièce pour la même somme... Ça me rend malade de penser à quel point cette ville coûte cher. Je me demande bien comment vont faire les jeunes groupes d’ici quelques années. Un peu comme à Paris, finalement, où les prix flambent si j’ai bien compris… Alors, oui, il y a de la bonne musique partout, dans les stades, les églises et dans les rues, mais pour combien de temps encore ?

Perso, je ne suis pas du tout pro-Brexit, mais il me tarde de quitter ce pays et d'aller vivre en Écosse. Ce n’est pas forcément ce dont j’ai envie, j’aime mon pays et je n’ai de toute façon pas l’argent pour me construire une nouvelle vie ailleurs, mais la tentation est de plus en plus grande. »

Photo crédits : Sarah Piantadosi et Ben Graville.

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