Le Club 54 aurait 40 ans aujourd’hui

Il y a quarante ans jour pour jour, le mythique club new-yorkais ouvrait ses portes. Après trois années pailletées, effrénées et droguées, ses dirigeants filaient en prison pour fraude et le club préféré de Bowie, Jagger et même Donald Trump rentrait définitivement dans l'histoire. Portrait.

À deux pas de Broadway. C’est d’abord une devanture. Un logo même. Dessinée par l’artiste Gilbert Lesser, un designer à la géométrie puissante, la typographie du Studio 54 mérite son appellation de « caractère » : elle a un goût de cocktail. Et puis, comme tous les clubs select, c’est d’abord une politique de porte qui laisse aux incompréhensibles dieux du hasard le droit d’entrer ou non. C’est là que démarre, le 26 avril 1977, la légende du Studio 54, discothèque new-yorkaise nichée sur la 54ème rue, dans un ancien studio CBS.

Le Palace américain. Les partners in crime de cette affaire, Ian Schrager et Steve Rubell, sont deux restaurateurs ayant grandi à Brooklyn. Avec Carment d’Alessio (le carnet d’adresses le plus redoutable de l’époque), ils vont faire de cette grande bâtisse le temple de la démesure. Balcon, cave, dancefloor : les statisticiens parlent d’une capacité de 5000 clubbers. La nuit mélange. Et le club veut un mix de people branchés – Le Palace et deux décennies de clubs suivront ses traces. Certains parlent de la naissance de la physionomie de porte.

Même Trump y était. Les stars participant à la frénésie sont connues et nombreuses : David Bowie, Mick Jagger, Truman Capote, Debbie Harry, Margaux Hemingway, Grace Jones, Michael Jackson… Sur scène, des shows de Sylvester, Donna Summer, Anita Ward font du club le temple incontestable du disco. Des livres entiers de photo (Bill Bernstein, Tod Papageorge, entre autres) documentent la moiteur des nuits folles qui suivent l’ouverture de ce repère starifié. D’après un récent programme de la BBC, Donald Trump jeune – il faut l’imaginer – fait alors partie de la clientèle. Mais la vraie star de l’époque, ce n’est pas un futur président du monde. La vraie star, c’est la drogue.

La fête est finie. Pour désigner les consignes du Studio 54 en matière de défonce, on peut rester poli en parlant d’encouragement. Les drogues pénètrent le bâtiment plus facilement que les clients. L’argent liquide n’en ressort pas. Au firmament du grand n’importe quoi, les gérants tombent pour fraude. Les 750 000 dollars et le gros paquet de cocaïne perquisitionnés la nuit du 31 décembre 1979 n’ont pas dû aider à plaider leur cause. Pour Steve Rubell et Ian Schrager, c’est la taule. Quand ils sortent de prison un an et demi plus tard, l’entrepreneur Mark Fleischman rachète l’affaire et rouvre le 12 septembre 1981. Mais la magie n’est plus la même. Dans le tube de l’année 81, Endless Love, Diana Ross et Lionel Richie chantent l’amour infini, mais ils assassinent surtout le disco.

Bon anniversaire. Le club change consécutivement de propriétaires et persiste jusqu’en 1991. Steve Rubell disparaît en 1989. Son rôle sera tenu par Mike Myers dans le film Studio 54. Le livre se referme avec son lot de légendes. Drew Barrymore dansant enfant (cette photo !), Bianca Jagger en cheval dans le club pour son anniversaire, les Chic composant Le Freak après s’être fait refouler à l’entrée… Difficile d’imaginer qu’une telle folie aurait pu brûler quarante années durant. Et puis, désormais, Donald Trump préfère regarder la télé avant de se coucher.

Plus de 54, de Disco, de démesure, de frénésie dans le documentaire Studio 54.

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