Comment un clip a donné naissance au rap asiatique

Rappel des faits. Nom de l’affaire : It G Ma (ou 잊지마). Date : 1er janvier 2015. Accusés : Keith Ape, Okasian, KOHH, JayAallday, Loota. Mobile : avoir réussi à placer l’Asie sur le planisphère du rap. Verdict : Coupables.

Un clip à 45 millions de vues. Il y a plus de deux ans, le rappeur Keith Ape et sa bande de trublions sortaient une vidéo reprenant tous les codes du rap underground : images saccadées, attitude nonchalante paradoxalement couplée à des pogos et  c’est dans l’ère du temps  des références ostentatoires aux marques de streetwear locales. Aujourd’hui, cette vidéo pointe à plus de 45 millions de vues  bien que personne ne comprenne un traître mot de tout ce qui y est raconté.

Toutefois, dans son couplet, Loota, le second rappeur, fait état de « ninjas en mission ». Cette mission, c’est la même que celle de Time Bomb en son temps avec le morceau Les bidons veulent le guidon : démontrer toute l’étendue du talent local grâce à un morceau vitrine qui servira de point d’origine à une gigantesque expansion.

Le Japon fait des petits. Depuis la sortie du clip, les rappeurs présents sur le morceau vivent dans l’ère de « l’après It G Ma ». Keith Ape, l’instigateur du projet, a conquis l’Amérique et le cœur des hypebeast. Adoubé par le magazine Complex, il a réitéré l’expérience du consortium de rappeurs en juillet 2015. Cette fois-ci, avec des pointures de la scène trap américaine telles que A$AP Fera et Waka Flocka Flame. Depuis lors, il a collaboré avec des noms comme XXXTentacion, Rich Chigga ou encore Denzel Curry. Ses morceaux Diamond et Psycho ont tous deux été écoutés plus d’1,3 million de fois sur Spotify.

Chanter la réalité des rues tokyoïtes. Si JayAllday et Loota bénéficient eux aussi d’une forte notoriété locale, ils n’ont pas encore totalement entamé leur expansion, au contraire de KOHH. Son histoire, marquée par la pauvreté, la violence et la drogue, dévoile une réalité sur laquelle le Japon a trop longtemps fermé les yeux. Avec ses imposants tatouages, sa mine laconique et  bien entendu  son don pour les diatribes mélodiques, il est vite devenu le porte-parole des rues de Tokyo. Il a notamment collaboré avec le très populaire Okasian  lui aussi présent sur l’œuvre initiale, pour l’envoutant morceau Save Time.

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