Clara Luciani, de Marseille aux saintes Victoires de la Musique ?

Personne ne l’a vu venir, mais en moins d’un an, la jeune femme de 26 ans s’est imposée dans le paysage radiophonique, sans rien devoir à personne. Son secret : une fraîcheur, une originalité et un premier album dont le nom (« Sainte Victoire ») annonce une année 2019 encore couronnée de succès. Le Crédit Mutuel donne le LA aux artistes de demain, découvrez le portrait de Clara Luciani.

« The right place at the right time »

Le proverbe anglais résume bien le parcours de comète de Clara Luciani, née dans la région marseillaise, à Martigues, voilà 26 ans. D’origine corse, la Française n’a pas mis beaucoup de temps à imposer ses deux singles stratosphériques sur les ondes (La baie et La grenade), et tout cela sans jamais rien renier sur la qualité de ses compositions.

Une femme de son époque

Dès la sortie de « Sainte Victoire », certains parlent de Luciani comme de « la fille cachée de Françoise Hardy ». Si le raccourci est un peu facile – être une grande chanteuse élancée n’a jamais suffi à composer des perles comme Comment te dire adieu –, il n’en reste pas moins des points de ressemblances entre les deux musiciennes ; à commencer par des caractères bien trempés. La doyenne, Hardy, ira même jusqu’à défendre la jeune Clara dans les médias, preuve qu’entre les deux, un lien semble tissé, assez solide.

Pourtant, à la sortie de « Sainte Victoire » le 6 avril 2018, personne n’aurait parié sur elle. La France, encore prise dans le phénomène Eddy de Pretto, passe un peu à côté. La principale intéressée, elle, a longtemps galéré pour en arriver là. Six ans d’attente dans l’antichambre du succès. Un premier EP en 2017 (« Monstre d’amour ») et un featuring avec Nekfeu (Avant tu riais) l’aideront à se placer sur la bonne trajectoire. Mais avant ça, Clara a enchainé les boulots alimentaires : « Ça a été hyper compliqué pour que les gens m'écoutent, confiait-elle récemment aux Inrocks. J'ai été pizzaïolo, baby sitter, prof d'anglais alors que je parle pas anglais. J'étais encore vendeuse à Zara une semaine avant que Raphaël m'appelle et me dise : "J'ai besoin d'une musicienne sur ma tournée, est-ce que ça t'intéresse ?""

Bien sûr que ça l’intéresse. À partir de là, la boule Luciani va se lancer dans le grand flipper. Et pour cette femme qui rappelle parfois la Chrissie Hynde des Pretenders, ça tilte direct.

Symbole du féminisme malgré elle

Coïncidence ou pas, celle qui a fait ses débuts avec le groupe La Femme éclate aux yeux du grand public en pleine affaire #MeToo. Certaines de ses chansons – La grenade et Drôle d’époque – deviennent alors des « hymnes » féministes, bien que l’auteur s’en défende mais reste flattée par l’appropriation. Ce qui se joue, c’est surtout l’évolution du rôle des femmes dans la musique, et la fin de la fonction « pot de fleur » dans laquelle elles ont longtemps été reléguées. Ce n'est peut-être d’ailleurs pas un hasard si Luciani a récemment repris La Fille du Père Noël de Jacques Dutronc. Avec son caractère et ses chansons, elle est sûrement l’un des plus beaux cadeaux de l’année.

 

On ne serait donc pas surpris de la retrouver nominée aux prochaines Victoires de la Musique, et pour citer la chanson d’un autre dandy français, Alain Chamfort, Clara veut vraiment la lune. Au rythme où elle va, nul doute qu’elle l’obtienne assez rapidement.

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