Cheb Hasni, la folle histoire du roi du raï sentimental

Véritable légende du raï, Cheb Hasni sera célébré le 26 septembre prochain à Paris le temps d'une soirée dédiée à sa musique novatrice. Preuve que 23 ans après sa mort, l'œuvre de l’Algérien ne se limite pas à un simple cercle d’initiés.

« Cheb Hasni, c’est le chanteur de raï le plus populaire, c’est 2Pac le mec ! »

Il y a un an, l’un des organisateurs du Hasni Day, Mohamed Sqalli, osait la comparaison au micro de Clique. Il faut dire que l’impact de l’artiste algérien, victime de la guerre civile et abattu froidement le 29 septembre 1994 à seulement 26 ans, ne saurait être limité à la musique : on parle quand même ici d’un homme qui a toujours refusé de faire l’éloge de la religion dans ses morceaux, qui a régulièrement parlé de sexualité (« Nous avons fait l’amour dans une baraque mal foutue / Moi je l’ai prise, que les autres aillent se faire foutre », chante-t-il sur El Baraka) et qui n’a jamais hésité à chanter dans la rue ou à la sortie de l’école. « Môme, on me connaissait dans le quartier parce que j’avais le gosier toujours déployé, le cartable jeté au loin », confiait-il à Libération en 1992.

Tonton du bled.

Mais Cheb Hasni est avant tout un romantique – pas pour rien qu’on le surnomme le « roi du raï sentimental ». Fan de Dalida et d’Adamo, le chanteur s’est longtemps produit dans les fêtes de village ou les mariages. Cela se ressent presque à chaque seconde de ses 400 morceaux composés en à peine six ans de carrière. On y parle d’histoires à l’eau de rose, de chagrin d’amour, du spleen de la jeunesse et de tout ce qui paraît inénarrable en dehors des bouges oranais au début des années 1990.

Hasni-mania.

À une époque où les Algériens se passionnent davantage pour la musique classique égyptienne ou libanaise, c’est ce goût pour les mélodies où les « youyous » se confondent avec les « yeah yeah » qui va peu à peu effrayer les autorités. Et attirer par la même occasion une jeunesse en quête de liberté et de créativité. Après tout, Cheb Hasni n’est pas seulement le plus grand vendeur d’albums de raï, c’est aussi un artiste capable de remplir le stade olympique d’Alger le temps d’un concert, d’affoler les compteurs YouTube (nombre de ses titres dépassent le million de vues) ou d’inspirer plusieurs générations de musiciens.

Ce que vient confirmer la deuxième édition du Hasni Day qui, le 26 septembre prochain, réunit sur la scène de la Java divers artistes (dont Sarah Benabdallah, qui chante avec le groupe La Femme, ou Sofiane Saidi, un chanteur de raï proche d’Acid Arab) avec une double idée en tête :  mettre en avant la diversité de la scène maghrébine et célébrer la mémoire de Cheb Hasni, un de ces musiciens dont on tente encore de percer les secrets 23 ans après sa disparition.

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