Charli XCX est-elle déjà la popstar du futur ?

À l’écoute de son nouvel album, « Charli », la question se pose.

Entre deux mondes. Cela pourrait être étonnant de s'interroger. Parce que « Sucker », son troisième album, sorti en 2015, a été un semi échec. Parce que Charli XCX n'a ni l'aura ni la renommée de Beyoncé, Ariana Grande ou Taylor Swift. Et parce que ses titres, pourtant taillés pour le succès, semblent incapables d'accéder naturellement au sommet des charts – un paradoxe quand on sait que ses morceaux écrits pour d’autres (Icona Pop, Selena Gomez, Iggy Azalea) ont sérieusement calmé la concurrence.

Pourtant, Charlotte Aitchison, de son vrai nom, est une véritable star : de Myspace, où elle s'est révélée, de l’underground queer (elle a collaboré avec Mykki Blanco, Pabllo Vittar, Kim Petras) et du paysage pop dans son ensemble. Même si ça semble la plomber, sur Thoughts, par exemple, elle questionne ses nouvelles amitiés et dit se droguer pour soulager sa douleur lors des cérémonies hollywoodiennes.

Popstar d’un autre temps. Comme Billie Eilish, Charli XCX est une anti-héroïne, une artiste qui souhaite accéder aux plus hautes marches du podium sans avoir à masquer ses imperfections ou faire des concessions sur son approche de la mélodie. En 2017, elle balançait ainsi gratuitement « Number 1 Angel », un disque audacieux enregistré aux côtés de Sophie, productrice relativement avant-gardiste de la scène britannique.

Aujourd'hui, l'Anglaise s'autorise des invités plus prestigieux (Christine & The Queens, Lizzo, Sky Ferreira, Clairo...), mais les intentions restent (parfois) les mêmes : il s’agit toujours de dépouiller la mélodie, de la réduire à néant et de bien rire de sa carcasse – écoutez Click et Shake It, vous comprendrez !

Niveau supérieur. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Charli XCX ouvre son disque avec Next Level Charli : il s'agit ici de toujours viser plus haut (comme les WhatFor bien avant elle - pardon pour cette blague) et d'imposer un modèle de célébrité qui ne soit ni lié à la poupée Barbie hyper féminisée, ni à la popstar déconnectée de la réalité qui tente à chaque album de se-reconnecter-avec-les-vibrations-de-la vie-pour-se-réinventer (Madonna, Britney, etc.). Bon, tout n’est pas parfait à l'écoute de « Charli », loin de là. On a même parfois l’impression de ne pas trop savoir se situer entre ses ambitions pop et ses velléités futuristes.

On comprend toutefois que chaque album de l’Anglaise, un peu comme dans les vieux jeux vidéo, est à envisager comme un niveau supérieur, une nouvelle étape, pas toujours facile à approcher à la première écoute, censée faire d'elle un symbole de la pop culture des années 2010. Reste simplement à savoir ce qu'il restera de toutes ces propositions au cours de la décennie suivante.

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