Alerte rouge : Bloc Party va rejouer "Silent Alarm" à Paris

En annonçant une tournée européenne pour célébrer son premier album (qui passera par Paris le 16 octobre), Bloc Party a rappelé à quel point « Silent Alarm » a su imposer en 2005 un son singulier, brut, massif et tendu, mais aussi très méticuleusement construit. Rappel des faits.

Album générationnel. Au sein d’une rédaction, on ne peut pas être d’accord sur tout, et chez Jack le premier album de Bloc Party n’échappe pas à la règle. En l’écoutant treize ans après sa sortie, le 14 février 2005, on peut en effet comprendre que les mélodies de Kele Okereke et sa bande paraissent trop bien rodées, un peu moins fougueuses que les premiers singles le laissaient espérer (Little Thoughts, notamment, absent du tracklisting final). On ne peut en revanche pas nier l’impact de "Silent Alarm" auprès d’une génération (celle, majoritairement, née entre 1986 et 1990) et ses qualités intrinsèques.

Modern music. Les coups de batterie en introduction de Pioneers, le refrain fédérateur de Banquet, les riffs aiguisés d’Helicopter, le romantisme bougon typiquement anglais de This Modern Love… Il y a tant de possibilités de se réjouir à l’écoute de « Silent Alarm » qu’il en devient presque difficile de ressortir un seul moment fort, d’avancer un seul argument pour expliquer la force de ce premier forfait produit par Paul Epworth (Babyshambles, Adele, Florence and the Machine) en vingt-deux jours à Copenhague.

Pour faire simple, disons que l'on tient ici un album de rock brut, qui n'hésite jamais à explorer des musiques voisines (cold wave, new wave), à tout mêler sans craindre d'étaler ses influences (The Cure, The Fall, LCD Soundstystem) et, surtout, à faire danser.

À travers les temps. Aucun doute : Bloc Party a su faire de « Silent Alarm » un symbole de son époque (celle de jeunes hommes qui entrent dans l’âge adulte et se confrontent à la réalité politique et sociale de leur pays), d’indépendance (ils ont notamment refusé une offre de Parlophone pour rester libre) et d'un temps aujourd'hui révolu - les Anglais n'ont jamais su retrouver la classe de ce coup d'essai. C’est pourtant bien grâce aux modulations de voix de Kele Okereke et à la modernité de l’esthétique sonore mise en place que le disque a pu conquérir les charts (350 000 exemplaires écoulés en Europe une semaine après sa sortie), être réinterprété (cf. « Silence Alarm Remixed ») et traverser les époques.

Tout n’était peut-être pas parfait mais, dans le paysage bigarré du rock en 2005, tout sonnait étrangement neuf, avec juste l'envie de proposer des pop songs sous tension à écouter en se frottant comme des bêtes en ébullition.

La tournée "Silent Alarm" passera par le Zénith de Paris le mardi 16 octobre 2018.

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