Avec son nouveau single, Iggy Pop rappelle qu'avec Bowie, c'était du sérieux

Avec son dernier single, « Sonali », troisième extrait de « Free », l'Iguane confirme que sa musique n'a jamais été aussi belle et intense que lorsque l'ombre de Bowie planait au-dessus.

Nouvel ordre mondial. Dans une interview accordée au Melody Maker en janvier 1972, David Bowie lâche deux infos essentielles. La première concerne sa bisexualité, la seconde sonne comme un avertissement. Alors que le rock est dominé par des formations aux velléités progressives, l’Anglais prédit que lui-même, Lou Reed et Iggy Pop « vont dominer le monde » au cours de la décennie à venir. Cela fait d'ailleurs quelques semaines qu’il traine avec l’Iguane, plus que jamais pestiféré en Amérique, venu chercher un nouveau souffle en Angleterre.

Une histoire d'amitié. Une photo illustre mieux qu’aucune autre cette époque. Nous sommes alors en juin 1972, au Dorchester Hotel de Londres, et Iggy Pop, un paquet de clopes entre les dents, les yeux visiblement écarquillés par la folie, pose aux côtés de David Bowie et Lou Reed, ses nouveaux acolytes. L'album des Stooges qui sort dans la foulée, « Raw Power », aurait pourtant dû couper court à cette amitié naissante. Malgré des singles comme Search and Destroy, Iggy Pop le juge trop calme, bridé, et va même jusqu'à prétendre que « ce putain de rouquin a niqué mon album ».

Seulement voilà : l’aventure Stooges finit par se terminer, et Iggy Pop se retrouve bien seul. À l’entendre, il est « le garçon le plus oublié du monde », et cherche donc de nouveau un soutien dans cette perfide industrie.

Errances berlinoises. Ainsi, lorsque Bowie et Iggy Pop arrivent à Berlin en 1976, la fusion opère. L'un est brisé par les excès (de drogue, de succès, etc.), l'autre par l'absence reconnaissance et un comportement instable - un an auparavant, il a même effectué un séjour en hôpital psychiatrique. Pourtant, ce sont bien ses deux chefs-d'œuvre qu'Iggy Pop est en train d’enregistrer, « The Idiot » et « Lust For Life », deux albums parus à quelques mois d’intervalles en 1977, deux disques entamés au coeur de la capitale allemande et achevés à Paris, au sein du fameux château d'Hérouville aux côtés d'un Bowie plus que jamais capable de traduire les intentions avant-gardistes en langage populaire.

« Ce type m'a sauvé de l'anéantissement professionnel et peut-être même personnel – c'est aussi simple que cela. Il m'a ressuscité ». Voilà comment Iggy Pop parlait de Bowie dans une interview en 2016 au New York Times. Normal, donc, de continuer à lui rendre hommage aujourd'hui avec Sonali, un titre qui aurait eu parfaitement sa place sur « Blackstar », l'ultime album du White Duke.

Crédits photo de Une : Larry Busacca/WireImage.

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