Avec Jack White et les Arctics Monkeys aux Nuits de Fourvière

Pour sa 73ième édition, le mythique festival lyonnais accueillait deux poids lourds du rock anglo-saxon. On y était et on vous raconte comment le périple s’est fini avec deux étoiles sur le maillot.

Les Nuits de Fourvière n’ont plus grand chose à prouver en terme de qualité de programmation. Au fil des ans, le festival lyonnais dédié aux musiques actuelles a su conquérir un public large et éclectique à l’image de ses choix d’artistes invités, le tout dans un cadre exceptionnel. En 2018, les amateurs de rock ont été servis en grosses pointures (les Nuits de Fourrière n’étant de toute façon pas un tremplin pour talents émergents) : LCD Soundsystem tout d’abord, puis un doublé Jack White / Arctic Monkeys à deux jours d’intervalle.

La fureur et le charme. On ne peut que noter l’opposition des styles entre le natif de Détroit et les anglais : âpre, tranché et sans concession pour l’un. Tout en séduction, maîtrise et ambiance feutrée pour les autres. Quoiqu’il en soit, ils restent chacun dans leur style deux poids leaders de l’industrie du rock (ou ce qu’il en reste), jouant à guichet fermé, vendant des vinyles comme à la belle époque et drainant une fanbase colossale. Récit de deux performances dans la douceur des nuits lyonnaises.

Ils sont venus, ils ont vaincu. Comme à son habitude Jack White est venu pour jouer, pour faire écouter sa musique, de la plus récente à la plus ancienne mais toujours revisitée, fabriquée là sous nos yeux, à chaque fois nouvelle. Pas de setlist, pas d’obligation, le boss de Third Man Records est sur scène comme sur ses disques, libre, donnant le tempo à son groupe, choisissant les titres en fonction de ses envies, changeant de guitare au beau milieu des morceaux pour apposer sa patte.

Il pourrait être dans son studio que cela ne changerait pas grand chose tant il est là pour jouer plus que pour se montrer jouer. Peu de communication avec le public donc, mais peu importe car il y a une chose que l’on ne peut pas enlever à Jack White : sa virtuosité.

Pas là pour enfiler des perles. Quel ravissement pour les oreilles d’écouter en direct un musicien pareil. Il est de plus en plus rare de voir un guitariste pousser aussi loin son jeu en live ces dernières années alors que l’homme de Nashville en a fait son fond de commerce, toujours dans la rupture et dans l’émotion. C’est donc à quitte ou double. Très tranchée, sa performance ne souffrira d’aucune tiédeur. Des derniers morceaux très cadencés de son dernier effort studio aux vieux tubes comme Hello Operator (couplé avec le toujours très appréciable Ball and Biscuit), tout a été joué à fond, déversant sur l’audience un mur de solos bien appuyés par l’acoustique toujours exceptionnelle du théâtre gallo-romain de Fourvière.

Marron clair. Si le dernier album des Arctic Monkeys ressemble fort à un LP solo de leur frontman Alex Turner, leurs concerts aussi. Il faut bien avouer que le leader du groupe capte la lumière comme personne et semble taillé pour ça. Deux jours donc après avoir baigné dans l’ambiance bleutée de Jack White, nous voilà plongés dans un décor très 70’s collant parfaitement à l’artwork de « Tranquillity Base Hotel & Casino ». Il valait d’ailleurs mieux avoir accroché avec ce dernier album car cette tournée semble vouloir correctement lui rendre hommage ; les deux tiers du concert ayant égrainé les morceaux de l’album sorti en juin.

Crooner made in Britain. Ainsi Alex Turner a pu s’en donner à cœur joie, cochant toutes les cases du crooner parfait. Mains dans les cheveux à outrance, voix grave et impeccablement placée, main tendue vers le public en tenant la note, déhanchements assumés autour du micro en pied, re-main passée dans les cheveux. Bref : il en fait des caisses. Mais il faut bien admettre que cela fonctionne et que l’ensemble respire la qualité et la maitrise.

Cependant les fans de la première heure et les aficionados de « AM » ont pu rester sur leur faim. Les guitares et l’énergie rock que d’aucun auraient pu attendre du groupe ont timidement pointé le bout de leur nez sur Do I Wanna know ou R U Mine, qu'on aurait aimé plus dantesque puisque servie en guise de rappel. Parlons d’un choix assumé du groupe, pour rester dans l’esprit qui confère son âme au dernier album.

Photos : © Jules Roeser / PICABEL

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