Après Mélenchon, les hologrammes sont-il aussi l’avenir des performances live ?

À l’heure où les performances holographiques tendent à se multiplier, la question mérite d’être posée.

Drôle de tribute. Les heures qui ont précédé l’hommage de Justin Timberlake à Prince lors du dernier Super Bowl sont venues le rappeler avec insistance : malgré les contraintes techniques et financières inhérentes à cette technologie, l’hologramme fascine les foules. Bon, l’Américain n’a pas eu l’autorisation de la famille de Prince pour se lancer dans une telle performance, mais les faits sont là : depuis plusieurs années, on ne compte plus le nombre de tentatives ou de rumeurs annonçant le retour sur scène de tel ou tel chanteur décédé en hologramme.

De Lara Fabian à Dr Dre. En 2006, Jamie Hewlett, cofondateur de Gorillaz, qui avait un temps envisagé une tournée holographique mondiale, n’y croyait pourtant pas plus que ça : « C’est extrêmement onéreux, extrêmement difficile, un million et une choses pouvant mal tourner à chaque seconde où ce système fonctionnait. » D’autres, en revanche, ne se contentent pas d’y croire : ils y vont à fond. Ainsi de Lara Fabian qui, en 2009, interprétait différents morceaux aux côtés d’hologrammes de Françoise Hardy ou Véronique Sanson (pourtant bel et bien vivantes !), ou de Mariah Carey qui, à l’hiver 2011, chantait dans cinq pays différents simultanément.

Ainsi, également, de Dr. Dre qui, en 2012, organisait le retour de 2Pac sur la scène de Coachella, seize ans après sa mort, le temps de deux morceaux, dont un avec Snoop Dogg.

Résurrection. Sauf que : si ces différentes tentatives holographiques se résumaient jusqu’ici à des performances ponctuelles, finalement assez courtes, il se pourrait bien que la donne change d’ici peu. À l’image de l’entreprise Eyellusion, qui vient d’annoncer une production holographique autour de « Joe’s Garage: The Musical », l’opéra-rock de Frank Zappa, et une tournée mondiale du rockeur américain (décédé en 1993) en 2018. Ce n’est pas le seul : tandis qu’une tournée de Roy Orbison est à prévoir cette année, on se souvient tous malgré nous du spectacle « Hit-Parade », qui faisait revivre l’année dernière Dalida, Mike Brant, Sacha Distel et Claude François pour la modique somme de 500 000 euros par hologramme…

Car oui : si cette technologie ouvre des possibilités immenses aux futures performances live, permettant notamment aux artistes actuels de proposer des concerts uniques et visuels, elle n’en reste pas moins une nouvelle façon pour les sociétés de production de surfer sur la nostalgie et de générer de nouveaux profits. Et sur le dos d’artistes décédés, tant qu’à faire. Comme quoi, la nostalgie a encore un bel avenir.

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