Alkpote est l'empereur de la crasserie dont la France a vraiment besoin

De retour avec un nouveau morceau, « Nautilus », en featuring avec Kaaris, Alkpote confirme qu’il est bel et bien entré dans une nouvelle dimension ces deux dernières années. Terminé l’underground, place à la hype.

La marche de l’Empereur. En plus de favoriser l'émergence de nouvelles têtes chaque semaine, la popularité dont jouit le rap ces dernières années permet également à d'anciennes figures de rencontrer un public plus large. Ce qui est valable en Belgique pour Isha l'est donc également en France pour Alkpote.

Voyez plutôt : en à peine quelques mois, le Parisien s'est acoquiné avec Katerine pour déclarer son amour à sa maman, a fait des apparitions remarquées lors des Planète Rap de Lomepal, a teasé un featuring avec Le Roi Heenok et a été au centre d'une pétition visant à en faire le représentant de la France lors du dernier concours de l'Eurovision. C'est dire si L'Empereur de la crasserie a la cote ces derniers temps.

Roi sans couronne. Amplement méritée, cette hype soudaine n'en reste pas moins étonnante quand on sait qu'Alkpote a longtemps végété dans les circuits undergrounds du rap français - c'est-à-dire loin des passages sur Skyrock, une radio avec laquelle il semble entretenir une sorte de relation amour/haine. Il faut dire que celui que l'on surnomme parfois Serge Gainzbeur fait rarement dans la demi-mesure : ça parle de spliffs, d'alcools, de putes et de soirées franchouillardes réunissant spliffs, alcools et "filles faciles". « J’utilise des flows déroutants et des mots dégoutants », rappait-il d'ailleurs sur 7ème sens en 2015.

Sauf qu’il serait injuste de ne voir en Alkpote qu’un mitrailleur de flows graveleux, un « horrible tourbillonneur » comme il le dit lui-même. C’est un amoureux du rap, un artiste qui manie mieux que tant d’autres les rimes multisyllabiques, un MC qui, comme le rappelait une infographie du site Shakedatass en 2014, a tellement de vocabulaire qu'il est le rappeur français à utiliser le plus de mots dans ses textes, juste derrière MC Solaar.

L'influenceur. 21 ans après ses débuts, avec Unité 2 Feu sur l'album « Haine, misère et crasse », Al-K, malgré les stéréotypes liés à sa musique (souvent réduite à ses gimmicks « suce » et « pute ») et son envie d'arrêter le rap (ce qu’il avait annoncé en 2013...), reste d'ailleurs un des rappeurs les plus influents des années 2010 : allez demander à Nekfeu, Vald, 404 Billy, Lorenzo ou Caballero & JeanJass ce qu'ils en pensent ! Rares sont d'ailleurs les lyricistes d'ici à se révéler capables comme lui de réinventer sans cesse leurs constructions de rimes et leur technique, mais aussi de s’ouvrir en permanence à de nouvelles collaborations (DJ Weedim, Myth Syzer, Jok'Air, Hamza...).

Certes, ses albums et mixtapes manquent peut-être parfois de rigueur dans la production (ce qui l'a sans doute empêché de franchir un palier par le passé), mais impossible de ne pas reconnaître le talent de ce rappeur, longtemps affilié à l’écurie Néochrome (Seth Gueko, Joe Lucazz, Sinik), dont les textes corrosifs ont systématiquement le mérite de prendre l’auditeur à la gorge – ou par les couilles. Ce qu'il préférerait sans doute.

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