À Marseille, on vient de trouver le « Meilleur MC de France »

Vendredi dernier, à Marseille, Red Bull organisait le « Dernier mot », la finale nationale de freestyle rap. L’occasion de se questionner sur la place accordée à cette discipline dans le hip-hop actuel. Avec, en guests, Sat, Seth Gueko et 13 Block.

Boxe avec les mots. « Tout le monde sait parler, certains savent rimer, seuls les meilleurs savent improviser ». Dès l'entrée du théâtre Silvain, « dans ce lieu qui n’accueille presque jamais de hip-hop », dixit Sat, l'ambition de Red Bull est claire : élire le « Meilleur MC de France », celui qui, au terme de la finale nationale de freestyle rap, aura le « Dernier mot ». Pendant presque trois heures, seize MC’s venus de toute la France s’affrontent ainsi en duels, selon différentes règles, très strictes.

Il s’agit parfois d’improviser selon un thème imposé, d’autres fois de placer trois mots-clés, et d’autres fois encore d’enchainer les 4-mesures pendant 120 secondes.  « C’est une vraie discipline, qui nécessite une gymnastique de l’esprit et une pratique quotidienne », s’enthousiasme l’ancien rappeur de la Fonky Family, membre du jury cette année.

Joutes verbales. Seth Gueko est lui aussi de la partie parmi les juges. Et même s’il n’a « jamais fait d’impro », il sait que son avis compte « en tant que professeur punchline ». À l’entendre, le Parisien sait d’ailleurs parfaitement à quoi s’attendre ici : « J’aime les rimes riches, donc si quelqu’un arrive à en placer dans un freestyle, c’est tout bénèf. Mais je ne demande pas la perfection. Dans la spontanéité, c’est impossible à atteindre. »

De son côté, Sat n'est pas avare en compliments lorsqu’il s’agit d’évoquer sa vision du freestyle, un exercice quelque peu galvaudé ces derniers temps et un terme trop souvent employé pour évoquer ces MC’s récitant leurs textes sur d’autres prods que la leur. « Là, c’est le freestyle au sens classique du terme, celui qui suscite des vocations avec des MC’s qui débarquent sans connaître le type de prod que le DJ va balancer. Ils doivent s’adapter en terme de rythme ou flow, improviser sur le gueule et le look de leur adversaire, sur le lieu, sur le public… »

Plus qu’un simple exercice de style, le freestyle est surtout une école, d’où sont sortis de grands noms du paysage rap hexagonal : Zoxea, Busta Flex, Sinik, Alpha Wann ou encore Nekfeu via les Rap Contenders. Et le principe n’a pas changé : il s’agit toujours d’humilier l’autre, de vouloir pénétrer le rectum de son adversaire, de parler de la supposée petite taille de son pénis, de prétendre que l’on a partagé un coït avec sa mère, sa femme ou sa sœur ou encore d’enchainer les rimes égotripées selon une dextérité, un humour et une répartie qui forcent l’admiration.

« "Pyromic, il a trop de lexique, on dirait Nekfeu mais en version anorexique." »

Et à ce petit jeu, c’est Pyromic qui s’en est le mieux sorti cette année. Après un concert express de 13 Block, celui qui a « trop de lexique, on dirait Nekfeu mais en version anorexique », est venu à bout de RES Turner, vainqueur de l’édition 2017. Pas un mince exploit, donc, pour le MC de Torcy qui, en conclusion, a tenu à rappeler qu’il n’avait pas eu d’adversaire durant le battle, « seulement des frères ». Histoire que rappeler qu’un freestyle, comme dit Sat, « ce n’est finalement que de l’amour ».

Crédits photos : Little Shao/RedBull.

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