30 ans après, « Faith » de George Michael donne toujours la foi

Sorti le 30 octobre 1987, « Faith » de George Michael reste aujourd’hui encore un monument de la pop music. Un best-of splendide qui sublime la fin des 1980's, les années MTV et le désir de transgression d'une partie de la jeunesse mondiale.

Boys band à part. Une veste en cuir, une boucle d’oreille en forme de crucifix, les mèches blondes, le torse nu. En 1987, à 24 ans, George Michael est à l’opposé de ce petit gamin obèse et boutonneux qu’il était au collège. Un an après la séparation de Wham!, c’est une véritable star. Mieux : un sex-symbol, capable de trainer ses différents singles au sommet de la planète pop et de produire un premier album solo à la fois ancré dans son époque (les années 1980, donc) et assez moderne pour être (ré)écoutable trente ans plus tard.

Culture pop. Vendu à 25 millions d’exemplaires, porté par cinq singles qui caracolent au sommet du Top 50 (l’Anglais est même le premier artiste blanc à terminer en tête des charts R’n’B), « Faith » est bien plus qu’un simple succès : c’est un classique, qui permet à George Michael de s’afficher en poster dans les chambres des adolescent(e)s du monde entier et qui n’a rien à envier aux autres réussites discographiques de la même année (« Bad » de Michael Jackson, « The Joshua Tree » de U2…).

Un regard sur l’époque. Contrairement à ceux qui voient la fin de Wham! comme une impasse, George Michael y voit plutôt la chance d’un nouveau départ. Rempli de certitudes, il est désormais cet artiste qui a appris à croire en la singularité de sa musique et qui n’hésite pas à s’affirmer pleinement, quitte à défier les codes de la société : Look At Your Hands parle des violences conjugales, Hand To Mouth s’attaque de front au conservatisme politique de Margaret Thatcher, tandis que I Want Your Sex se voit banni des heures de grande écoute par la BBC, qui préfère visiblement réduire ce titre à une ode à la baise quand il s’agit au contraire d’un refuge pour une jeunesse mondiale en quête de liberté et de mode de vie alternatif.

« Pendant un an, j’ai porté des lunettes noires, de peur d’affronter le regard des gens. »

Gloire et déboires. Égoïstement, on se moque bien de la carrière (parfois) chaotique de George Michael suite à cet album ou même de son inconfort vis-à-vis de la célébrité (« Pendant un an, j’ai porté des lunettes noires, de peur d’affronter le regard des gens. »), tant « Faith » compose quelques moments inouïs de l’histoire de la pop music, des années MTV et de ces tubes que l’on continue de réécouter à intervalles réguliers aujourd’hui : pas simplement par nostalgie ou parce qu’ils ont hautement inspiré des mecs tels que Robbie Williams ou Justin Timberlake, mais parce qu’ils portent en eux une attitude, une ambition et la créativité d’un homme qui ne semble pas ici empêtré dans une formule prédéfinie, préférant à cela mêler prétention artistique et efficacité pop, par gourmandise d’émerveillement.

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