22 choses que vous devez absolument savoir sur le "Homework" de Daft Punk

22 ans après sa sortie, le premier album du duo casqué reste une œuvre mystérieuse, riche en propositions et indéniablement en phase avec la dance culture des années 1990. Comme tous les chefs-d'œuvre, « Homework » renferme un paquet d'anecdotes savoureuses.

1. Preuve que les parents de Thomas Bangalter sont les meilleurs du monde, Daniel Vangarde (producteur d’Ottawan, La Compagnie créole ou des Gibson Brothers dans les années 1970) et Thérèse Thoreux laissent leur fils trainer de longues heures dans sa chambre avec son fidèle complice, Guy-Man. C'est là, dans ce home-studio où les synthétiseurs et les boîtes à rythmes trainent sur la moquette, que vont naitre les 75 minutes qui composent le premier album des Daft Punk. Le nom de l'album est alors tout trouvé : « Homework » (« Devoirs de maison »).

2. Conséquence de cet enregistrement DIY, ce premier album ne coûte absolument rien au duo parisien, car réalisé sans ingénieur ni producteur.

3. Au moment de donner leurs premières interviews, Thomas et Guy-Man, pas encore casqués, utilisent des masques traditionnellement arborés pour Halloween. Chacun ses délires, après tout.

4. Quelques jours avant la sortie d’« Homework », les Daft font en sorte que 500 exemplaires vinyles en édition white label soient déposés discrètement chez certains disquaires. Chez Rough Trade, à Paris, les 200 exemplaires reçus s’écoulent en à peine deux jours. Sans aucune publicité.

5. Ça peut sembler étonnant, surtout quand on connait le mur du son façonné sur « Homework », mais certains des morceaux contiennent des samples de grands classiques de la soul. De l'easy-listening, en quelque sorte : I'm Gonna Love You Just A Little More Baby de Barry White (sur Da Funk), Don't Go Breaking My Heart d'Elton John et Kiki Dee (sur Phoenix) ou encore Just The Way you Are de Billy Joel (sur High Fidelity), aussi méconnaissable soit-elle.

6. À sa sortie, « Homework » a été plutôt mal reçu par la presse française. Certains médias comparent même étonnamment les Daft Punk à « Herbie Hancock faisant le pingouin avec ses robots » ou à « cet infâme connard de Giorgio Moroder ».

7. Aussi fou que cela puisse paraître, Da Funk n'était pas censé figurer sur « Homework ». Le duo considérait alors que le single avait déjà rencontré suffisamment de succès et qu'il n'était donc pas nécessaire de le remettre en avant.

8. En 1997, le duo passe beaucoup de temps à écouter de la G-funk, notamment Warren G. Alors, forcément, les deux compères cherchent à s'en inspirer. Notamment sur Da Funk : « Nous voulions faire une sorte de gangsta-rap, alors on a cherché à alourdir notre son autant que possible », se rappelait Thomas Bangalter dans une interview au Guardian. Et d'ajouter, presque étonné : « Personne n'est d'accord avec nous pour dire que ça ressemble à du hip-hop. »

9. C'est désormais connu : sur Teachers, les deux compères rendent hommage à leurs influences, dont ils s'amusent à distordre le nom sous différents effets technologiques. Parmi eux, Paul Johnson, DJ Funk, Brian Wilson, DJ Sneak ou encore George Clinton.

10. Les rave parties n'ont jamais eu une bonne image au sein de notre société. Enfin, ce n'est pas une exception française, mais c'est de l'Hexagone dont il est question sur Revolution 909 : un morceau sur lequel Daft Punk s'attaque à la façon dont les forces de l'ordre ont eu tendance à user de la force pour tenter de nuire aux free parties dans les années 1990.

11. Dès le début, les mecs ont pour ambition de quitter le circuit underground. Ça, c'est Arnaud Fleurent-Didier, un proche du duo depuis le lycée, qui le racontait à GreenRoom : « Un jour, j’ai dû leur expliquer que la consécration pour moi serait de passer chez Bernard Lenoir. Ils m’ont répondu que leur but à eux était de passer à Sacrée Soirée, l’émission du mercredi soir de Jean-Pierre Foucault. »

12. Preuve de leur ambition, voilà un an que Thomas et Guy-Man ont quitté le label indépendant Soma Quality Recordings pour signer chez la multinationale Virgin. « L'underground, c’est un mot con » dira plus tard Bangalter aux Inrocks. Ça a le mérite d'être clair.

13. Au moment de signer chez Virgin, Thomas et Guy-Man ont l'intelligence d'imposer leurs conditions. Quitte à mettre la pression et à scotcher aux murs tous les fax de propositions de labels étrangers le jour de leur rendez-vous avec Emmanuel De Buretel, alors patron de Virgin.

14. Petite anecdote inutile pour se la raconter au bureau ? Dans Around The World, le nom du morceau est répété à 144 reprises. Répétitif, vous dites ?

15. Aussi imparable soit-il, ce tube a été réalisé avec cinq petits instruments. C’est dire le minimalisme de cette chanson…

16. En 1997, Rollin' and Scratchin' est utilisé par Citroën dans une publicité pour la Saxo VTS.

17. Le clip de Burnin' est un hommage à la Chicago House. Parce que DJ Sneak, Derrick Carter et Roy Davis Jr. y sont présentés. Et parce que le clip a été tourné sur place, non loin du Chicago Fire Department, visible également dans Le Fugitif ou US Marshals.

18. À noter que si Spike Jonze (repéré à l’époque pour son travail auprès des Beastie Boys) et Michel Gondry ont réalisé les clips de Da Funk et Around The World, c’est à Roman Coppola, fils de Francis Ford et frère de Sofia, qu’est confié le soin de mettre en image Revolution 909. Dans celui-ci, l’Américain filme notamment sa mère en train de préparer des pâtes sauce tomate.

19. Le logo du groupe, cousu sur un morceau de satin noir, a été conçu par Guy-Man en personne.

20. À Télérama, Serge Nicolas, crédité comme maquettiste et concepteur graphique associé, révèle le pourquoi de la présence d'autocollants Led Zeppelin et d'un poster de Kiss sur le bureau d'écolier photographié au sein du livret intérieur : « À l'époque, dans le petit milieu parisien de la musique, il était du dernier chic de dire que le rock était mort. Guy-Manuel et Thomas se ­réjouissaient à l'idée de prendre à contre-pied tous ces snobs. Ils étaient d'accord pour promouvoir la techno comme révolution musicale, mais sûrement pas prêts à enterrer le rock qui les avait nourris ! D'où la typo évoquant les Rolling Stones, ­Coca-Cola ou Heinz Tomato Ketchup. »

21. Deux ans après sa sortie, le 21 janvier 1997, « Homework » s’est écoulé à 2,5 millions d’exemplaires à travers le monde. Un joli score pour des mecs d'à peine 21 ans (Thomas Bangalter) et 22 ans (Guy-Manuel de Homem-Christo).

22. Dans la foulée d’« Homework », Thomas Bangalter et Guy-Man fondent chacun leur label, Roulé et Crydamoure. Une certaine idée de l’indépendance, donc.

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