En 2016, ce sont les mixtapes qui dictent les tendances

Sublimée par Young Thug ou Gucci Mane, la mixtape atteint actuellement un stade de noblesse sans précédent, donne un sérieux coup de vieux au CD et s’exporte jusque dans la pop et l’électro.

Historiquement, la mixtape marquera à jamais les esprits comme le format qui a refusé de jouer le jeu – celui de l’industrie. Moins commerciale et moins standardisée, elle permet bien souvent aux artistes de s’éclater et de mettre en avant des morceaux trop radicaux pour les labels. Il n’y a qu’à écouter les dernières mixtapes de Gucci Mane, Drake ou Young Thug pour s’en convaincre : c’est parfois enregistré à l’arrache, souvent dépourvu de singles mais toujours doté d’une inventivité dingue.

Voies souterraines

La mixtape, ces dernières années, ne se limite toutefois pas qu’au hip-hop. En France, La Souterraine en a même fait un mode de fonctionnement. À intervalles plus ou moins réguliers, cet « archéologue du futur de la musique en français » publie sous ce format les projets d’artistes en mal de relais médiatiques : Bertrand Betsch, Sans Sebastien ou même Gontard! y ont eu droit et, disons-le franchement, nous ont prodigieusement excités avec des projets cent fois plus audacieux que bon nombre de sorties « officielles ».

Chacun son tour

À vrai dire, on ne sait même plus à quoi s’en tenir en 2016 : entre Kaytranada, qui publie en septembre dernier une mixtape (« 0.001 %??? ») tout aussi soyeuse que son premier album (« 99,9 % ») sorti quatre mois plus tôt et Justice qui en pond une en hommage au club londonien Fabric, entre le Français M-O-R-S-E qui balance soudainement 43 morceaux sur le web et toute une tripotée de jeunes artistes underground (Ta-Ha, par exemple) qui ne semblent jurer que par ce médium, l’auditeur est plus que jamais submergé de morceaux bien produits, aptes à obtenir un succès (sorti en mai, Coloring Book de Chance The Rapper est entré directement dans le top du Billboard) et pourtant publiés hors des circuits traditionnels.

Rester vrai

Si bien que l’on finit par s’interroger : existe-t-il encore une différence entre une mixtape et un album ? La mixtape est-elle toujours un moyen de s’opposer aux labels et à leurs réseaux de distributions quand des structures comme Domino (Arctic Monkeys, The Kills, etc.) ou Mom+Pop (Fidlar, Flume, Jagwar Ma) se servent de ce format pour annoncer leurs dernières signatures ou leurs prochaines sorties ? Chacun se fera sa petite opinion. Ce qui est certain, en revanche, c’est que la mixtape semble être (re)devenue un symbole de liberté, un moyen pour un artiste de mettre de côté ses complexes.

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