20 ans après, "The Slim Shady LP" d'Eminem a enfin droit à sa version vinyle

Ça sort le 13 décembre, agrémenté de divers bonus. Et, vu le contenu de l'album, c'est sans doute la meilleure façon qu'a trouvé Eminem de nous souhaiter de la violence et du sang pour Noël.

Tragédies ordinaires. Dans le monde d’Eminem, la mesure n’a jamais vraiment existé. Qu’il narre l’overdose d’une jeune fille (My Fault) ou qu’il raconte le destin d’un criminel sur le point de commettre un viol (Guilty Conscience), le rappeur de Détroit s’est habitué aux éloges, aux critiques, aux records de ventes et à des surnoms insupportables – genre « le rappeur blanc ». En clair, Eminem a compris qu’il était de ces artistes qui cristallisent l’attention. Et ce depuis son deuxième album, « The Slim Shady LP », sorti en février 1999 et rapidement salué par la critique :

« Il n’a pas peur de dire ce qu’il veut, écrivait alors le Los Angeles Times. Ses textes sont si malins qu’il fait passer un meurtre pour quelque chose de drôle à faire juste pour passer le temps. »

White trash. Sur ce disque, le premier produit par Dr. Dre, le propos est effectivement très dur, plombant et assez éloigné de l'imagerie de Détroit façonnée par les films de John Hughes à la fin des années 1980. Mais c'est précisément cette mise en scène de la réalité, cette cruauté et ce sens du détail angoissant qui permettent à des morceaux comme 97 Bonnie & Clyde, Role Model ou Brain Damage de fasciner.

Comme rarement auparavant, le hip-hop s'aventurait alors dans d'autres coins de l'Amérique, et plus particulièrement dans ces immenses banlieues blanches peuplées de ces familles issues de la classe ouvrière qui, victime de la désindustrialisation massive, de la précarité et des délocalisations, finiront par voter en majorité pour Trump une quinzaine d'années plus tard...

Reconnaissance mondiale. « The Slim Shady LP » est aussi l’apparition véritable du double maléfique d’Eminem : Slim Shady. Ou plutôt, du look de ce dernier, avec ces cheveux blonds décolorés que le rappeur arbore après un soir de défonce sous ecstasy : « Je ressemblais à un putois – je n’avais aucune idée de ce que je faisais avec ces produits chimiques », expliquera-t-il quelques années plus tard dans sa biographie, The Way I Am.

Une folie, à l'époque, mais un véritable succès. « The Slim Shady LP » s'écoule à plus de dix millions d'exemplaires à travers le monde et reçoit deux Grammy Awards : celui du « Meilleur album rap » et celui de la « Meilleure performance solo de rap » pour le mythique My Name Is. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’Eminem décide de publier une version étendue de son deuxième album, agrémentée de dix bonus - en vrai, essentiellement des versions a capella ou des instrumentaux de ces vingt morceaux originaux qui, bien aidés par la production, continuent vingt ans après de s'écouter comme un roman noir à l'humour corrosif et à l'indéniable cruauté.

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