10 ans après, "Sexuality" de Tellier reste le meilleur aphrodisiaque de la pop française

Chez MGMT, à l'écriture pour Dita von Teese, en préparation d'un album avec Mind Gamers : à 43 ans, Sébastien Tellier continue de se réinventer depuis la sortie de "Sexuality" en 2008. Un album qui, disons-le, sentait franchement le sexe.

Lubrique mais chic. « Retranscrire le bruit que fait un slip quand il claque sur les fesses d’une jeune femme. » Voilà comment Sébastien Tellier décrivait « Sexuality » aux Inrocks. À raison, tant le Français a souhaité faire de son troisième album solo un mélange d’avant-gardisme qui séduit la critique et d’efficacité qui plait aux jeunes coquins – un album crossover donc, dont on pouvait craindre le pire, mais où jamais pourtant la misère (sexuelle) ne s’entend. C’était là toute l’élégance, la grandeur et la fraîcheur de « Sexuality », sans doute l’un des disques les plus audacieux de la pop française ces dix dernières années.

Sous la ceinture. De l’estival Roche à la complainte romantico-mélancolique L’amour et la violence, « Sexuality », malgré son âge, continue d’exciter prodigieusement. Parce qu’il incite aux siestes fiévreuses, qu’il contient quelques gimmicks explicites (les gémissements sur Pomme, enregistrés lors de rapports avec sa compagne, Amandine de La Richardière) et qu’il pourrait servir de bande-son à un film Marc Dorcel — l’album a d’ailleurs était co-produit par Éric Chédeville, compositeur de musiques de films X.

Mais aussi parce qu’il contient nombre d’intentions audacieuses, encouragées par Guy-Man des Daft Punk (rencontré sur le tournage d’Electroma), qui permettent à des titres tels que Look ou Divine d’être autre chose que de simples tubes de vieux vicelard : on y entend aussi bien des références à Jean-Michel Jarre ou Giorgio Moroder que des hommages aux plages californiennes, des nappes de synthétiseurs typiques du Français et des inclinaisons R’n’B parfaitement jouissives.

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2008, année érotique. À ceux qui en douteraient, on ne saurait que trop leur conseiller d’aller poser une oreille à l’album remix, revisité par SebastiAn, Boys Noize, Kavinsky ou encore A-Trak et Breakbot : on comprend alors que « Sexuality » est un disque au groove vicieux, au chant sensuel et aux mélodies aventureuses, qui s’écoute à l’horizontal parce que parfaitement sexy et jouissif.

On comprend aussi que ces onze compositions ont permis à Tellier de pénétrer d’autres sphères (Divine n’a-t-il pas été retenu pou représenter la France à l’Eurovision ?), de travailler avec de nouveaux musiciens (Guy-Man, donc, mais aussi Chassol sur scène) et d’être sollicité aujourd’hui par l’une des célébrités les plus fantasmées du monde : Dita von Teese, dont il a écrit le premier album. Non, définitivement, dix ans après sa sortie le 25 février 2008, on n’a toujours pas trouvé musique plus orgasmique et glamour au sein de la pop française, rarement aussi pervertie par un artiste qui ne demande qu’à descendre en-dessous de la ceinture et à s’inviter dans la chambre à coucher.

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