Que penser des « Étoiles vagabondes », le nouvel album de Nekfeu ?

Il faudra bien sûr du temps pour digérer pleinement ces dix-huit nouveaux morceaux, blindés de pistes et de questionnements existentiels, mais les premières écoutes permettent déjà d’avancer que « Les étoiles vagabondes » est probablement le disque le plus personnel de Nekfeu.

Ombre et lumière. Dans Squa, extrait de son deuxième album (« Cyborg »), Nekfeu dit : « T'écoutais pas de rap avant les RC. » Difficile en effet de nier l’importance du Parisien et de ses différents crews (1995, L’Entourage, voire le S-Crew) au sein du rap actuel, tant ce qu’ils ont semé au début des années 2010 (au sein des Rap Contenders ou sur scène) a fini par favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de MC et d’auditeurs biberonnés à la culture hip-hop.

Bien conscient de cet engouement, et assez malin pour l’entretenir (le mystérieux teaser balancé il y a quelques semaines, la mise en ligne des « Étoiles vagabondes » sur les plateformes à l’issue de la diffusion du film dans différentes salles de cinéma en France), Nekfeu revient malgré tout avec un album pétri de doutes.

Dans le doute. À l’instar d’autres rappeurs ces derniers mois, Ken Samaras semble tiraillé entre le goût du succès et la déshumanisation que celui-ci peut engendrer. Comme dans l'introduction du film-documentaire où, face à une immense foule sur la grande scène d'un festival, il dit ne s'être jamais senti aussi seul, avant de conclure le long-métrage dans la même situation et prétendre qu'il ne s'est « jamais senti aussi bien entouré. »

Dans l’album, c’est pareil : de la chanson-titre à 1er rôle, Nekfeu semble vouloir laisser planer dans ses textes un état de grande confusion, en doute quant à son mode de vie, ses propres attentes (« Si j'étais cent pour cent moi-même, j'ferais même pas ce film »), sa créativité et ses relations amoureuses. « En amour j’nique tout / Obligé d’dévaster tout ce qui m’effraie », rappe-t-il sur Takotsubo.

Album de voyages. Enregistré entre Paris, Los Angeles, Bruxelles, la Nouvelle-Orléans et les îles grecques, « Les étoiles vagabondes » est donc un disque ouvertement intime, assez peu festif malgré la présence de bangers tels que Menteur Menteur et Koala mouillé. C'est le disque d'un homme toujours en mouvement mais qui, plutôt que d'agacer ses proches avec des photos-souvenirs sur les réseaux, a préféré faire de ses voyages une source d'inspiration.

C’est un album né dans la difficulté, qui a nécessité l’apport d’autres artistes (Damso, Vanessa Paradis, Alpha Wann, Nemir et, bien sûr, le fidèle Diabi à la direction artistique), qui manque peut-être d'un peu de folie par instant (le temps le dira !), mais qui trouve toute sa beauté et sa splendeur dans ces envolées poétiques dont Nekfeu a le secret.

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