Le premier album de Muddy Monk vient de sortir, et ça donne envie de partir en road trip

Attendu depuis quelques mois, le premier album du Suisse Muddy Monk réinvente l'art de la ride en dix chansons à écouter pied au plancher.

Sur la route. D’emblée, un constat : rares sont les disques sortis par des artistes francophones à avoir autant digéré des années de pop anglo-saxonnes sans donner l’impression de réciter leur leçon – ou pire, de digérer une tendance vieille de plusieurs années outre-Atlantique. Ce que vient d’accomplir Muddy Monk avec « Longue ride » n’est donc pas un mince exploit : il vient au contraire confirmer les espoirs placés en lui depuis 2016 et la sortie de l’EP « Première Ride ».

Cheveux aux vents. Deux ans plus tard, Guillaume Dietrich (tel qu’on le nomme à l’état civil) n’a pas foncièrement changé de formule : sa musique, ouvertement synthétique, orchestre toujours un fascinant ménage à trois entre la synthwave (Washed Out, toussa toussa), la variété française pointue (Christophe, Tellier, etc.) et les plages électroniques à la Kavinsky.

À l’écoute de Boy, Circuit 71 ou de Yunko Tabei, impossible pourtant de ne pas remarquer à quel point elle a gagné en maturité, en profondeur et en ampleur – le natif de Fribourg a, ces dernières années, collaboré avec Myth Syzer et déménagé à Bruxelles. Vu la cote de la capitale belge actuellement, cela n'a pu que l'aider à mettre en son un univers aussi furtif qui esquive le piège de la démesure et s'écoute dans la mélancolie des décombres urbains.

La chevauchée nostalgique. Le seul maniérisme, s’il y en a un sur « Longue ride », c’est cette volonté constante de noyer les voix sous différentes couches sonores, envoûtantes, évasives et essentiellement composées à partir du logiciel FruityLoops. Peut-être est-ce par peur d’exprimer ses névroses de façon trop frontale (« Car si je ride encore les rues de ma ville / Comprends qu’on n’oublie pas ses rêves indélébiles », chante-t-il sur En Lea).

Peut-être est-ce aussi parce que « Longue ride » semble avant tout avoir été construit comme un long voyage sonore, où l’instrumentation prédomine, où la voix est une ligne mélodique de plus. Dans les deux cas, on ne s’en plaindra pas. C'est même avec un réel plaisir que l'on plonge et replonge, en voiture, la nuit, dans cette ambiance digne d'un film rétrofuturiste.

Crédits photo : Muddy Monk

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