Le nouvel album de Nick Cave vient de sortir : que vaut-il ?

Il y a une semaine, les Australiens annonçaient un double album. Aujourd’hui, « Ghosteen » est disponible et révèle un groupe en quête de dénuement, dans un mélange séduisant de désespoir et d'idéalisme.

Un double album majeur. D'emblée, deux conseils : pour comprendre pleinement « Ghosteen », le 17ème album de Nick Cave & The Bad Seeds, il ne faut pas se fier à sa pochette, sorte d'illustration kitsch du paradis à peine digne d'un partisan du Christianisme découvrant Photoshop, ni à la description faite par l'Australien, qui prétend avoir découpé l'album en deux parties. La première correspond « aux enfants », la seconde à « leurs parents ».

Bref, ça sent le concept légèrement trop intellectualisé, et ça ne rend pas nécessairement grâce à un double album d’une grandeur, d’une mélancolie et d’une intensité qui hantent littéralement ces onze nouvelles chansons.

Le grand dénuement. Concernant « Ghosteen », le journal anglais The Guardian, dans un élan d'enthousiasme à peine contrôlé, en parle même comme d’un disque contenant « les plus belles chansons que Nick Cave n'a jamais enregistrées ». C'est un peu précipité, surtout quand on sait que la chronique paraît quelques heures à peine après la sortie de l’album, qu'il faudra digérer, tant on imagine qu'il contient un certain nombre de sous-textes et de clins d'œil (à Elvis, forcément, à Scott Walker et même à Prince).

Reste que s'il y a bien une qualité que l'on ne peut nier, c'est l’extrême beauté de ces symphonies tremblantes, de cette voix d'outre-monde qui harponne l'auditeur et trouve ici toute sa puissance sur des mélodies dénuées de tout : de la batterie de Thomas Wydler comme des beats électroniques de Warren Ellis.

Œuvre fleuve. Sur l'ultime Hollywood, longue complainte de quatorze minutes, à entendre comme la quintessence d'un album tragique, habité par le décès de son fils en 2016, Nick Cave dit : « I'm waiting for peace to come. » Et c’est vrai que, malgré la mélancolie, l’austérité de certains thèmes et l’imagerie façonnée par la cover, « Ghosteen » n’a rien d’un album apocalyptique. On est même particulièrement séduit par la façon qu'ils ont de mettre en son une musique d’espoir, illuminée presque, riche de mille détails bien que décapée de toutes fioritures.

« This world is beautiful », entend-on résonner en ouverture de la chanson-titre. Vu le contexte politique actuel, on est en droit d’en douter, mais Nick Cave et ses Bad Seeds, avec « Ghosteen », offrent en tout cas une profondeur de champ vertigineuse, dans laquelle on n’a pas fini de se perdre.

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