"IGOR", le nouvel album complètement fou de Tyler, The Creator

Le rappeur américain avait prévenu : son sixième album serait en tous points différents de ce qu’il avait proposé jusqu’ici. Et il n’a pas menti : « IGOR » est un disque surprenant, sur lequel on n’a pas fini de revenir.

Contrepied. On imagine aisément la difficulté pour un artiste de la trempe de Tyler, The Creator, habitué aux pas de côté, de devoir se renouveler à chaque album, là où certains artistes peuvent se contenter de proposer systématiquement la même formule sans que cela ne suscite la haine des haters sur les réseaux. Pour préserver ce regard neuf, cette soif de nouveautés et cette envie d’exploser les cloisons, l’ex-Odd Future n’a pas seulement opté pour une communication aussi mystérieuse que maitrisée.

Il a aussi choisi de s’entourer de nouveaux collaborateurs : Kanye West, Lil Uzi Vert, Playboi Carti, Al Green, Charlie Wilson ou encore Cullen Omori (ex-Smith Westerns) sont ici chargés d’offrir au futur d'intrigantes pages blanches à compléter.

« N'espérez pas un album de rap. » C'est par cette sentence que Tyler avait teasé « IGOR », et on le remercie de nous avoir prévenus tant ce nouveau long-format ne ressemble en rien à « Scum Fuck Flower Boy ». D’ailleurs, il ne ressemble en rien à ce que l’on connaissait du Californien – seul ce bourdonnement, présent dès les premières secondes, sert en quelque sorte de fil rouge entre ce nouvel album et son prédécesseur, dont la pochette était ornée de diverses abeilles. Pour le reste, c'est un saut vers l'inconnu, vers des productions très orchestrées d'où la voix du MC semble presque absente par instant.

Boulimie de sons. Sur « IGOR », Tyler n'intervient finalement que très rarement derrière le micro, simplement quand la mélodie le nécessite, quand sa présence paraît justifiée. Il y a bien quelques saillies bien senties (WHATS GOOD, NEW MAGIC WAND), des punchlines qui ne manqueront pas d'alimenter les rumeurs sur sa supposée homosexualité (« And I wish you would call me by your name ’cause I’m sorry », rappe-t-il sur I THINK, comme un clin d'œil au film de Timothée Chalamet, auquel il faisait déjà référence sur OKRA), mais ces douze nouveaux morceaux constituent avant tout un champ d’expérimentations.

Mélodies à tiroirs. D’IGOR’S THEME à ARE WE STILL FRIENDS?, on se dit qu’on n’est jamais à l’abri d’un contrepied quand on entre dans l'une de ses chansons, et pas plus sûr que ça ne finisse pas par virer pop ou carrément soul ; le sublime GONE, GONE/THANK YOU change tellement d’ambiances et de rythmiques en six minutes que l‘on soupçonne le Créateur d'avoir envisagé « IGOR » avec la même extravagance et le même maximalisme que les OutKast à l'époque de « Speakerboxxx/The Love Below ».

Ce qui nous ravit. Car, si l’on ne sait jamais à quoi s’attendre avec Tyler, comme avec Big Boi et André 3000 dans les années 1990, on est au moins toujours certains que ce sera captivant et inventif.

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