Avec "Deux frères", PNL achève son ascension au sommet du rap français

Des records de streams à l’international, des clins d’œil à Drake et une stratégie de com digne des plus grandes pop-stars, c’est très bien. Mais « Deux frères » mérite-t-il tout ce brouhaha ? À l’évidence, oui.

« Que la mif, rien n’a changé », chantent les frères Andrieu dans le refrain d’Un autre monde. Et c’est bien vrai : tout au long de ce quatrième album, PNL continue d’entretenir savamment sa propre mythologie, multiplie les références séduisantes pour toute personne ayant grandi au cours des années 1990/2000 (Blanca, Shenmue, Pacman…) et étale son spleen. Celui de deux artistes quasi-inhumains (« J'suis ni d'chez moi ni d'chez vous»), tiraillés entre le goût du succès et la déshumanisation que celui peut engendrer (« Maintenant que je remplis les salles, ma vie me manque », rappent-ils sur Cœurs).

Instinct animal. Plus que jamais, Ademo et N.O.S semblent évoluer dans leur propre bulle, dans cet univers qu'ils se sont façonnés (« On s'en sort ou on crève à deux ») et d’où ils émergent telles des bêtes sauvages – cf les multiples références à Mowgli, les onomatopées ou encore cette phrase, balancée sur Deux frères : « Il était une fois, deux frères, deux fauves ». Ça ne réconciliera pas PNL avec ses détracteurs, et c’est tant mieux : le duo n’est jamais aussi bon que lorsqu’il évolue à contre-courant, jouant sur les codes du rap (écouter pour cela les couplets de N.O.S sur Au DD et d'Ademo sur Hasta la vista, extrêmement techniques) sans jamais s’y enfermer. « Tous ces puristes d'MC's m'font rire. Dans la rue, j'les aurais, calme, comme dans Pacman. »

Cri primal. « J'fais du PNL, crois pas que je chante », confie N.O.S. Du PNL, c’est exactement ce qu’est ce nouvel album. Soit dix-huit morceaux (si l'on compte les versions avec Capuche et Frontières) extrêmement visuels, planants, qui ignorent tout de l’urgence et se fichent bien des convenances. On est parfois à la limite de la chanson (À l’ammoniaque le laissait déjà présager l’été dernier), mais « Deux frères » est loin de la démesure annoncée.

C’est un retour vers l’intime (« J’remplace centimes par sentiments »), vers ce lien fraternel qui semble incassable (le titre de l’album en atteste avec brio), vers ce retour à la normalité (« Bats les couilles d'l'Himalaya/Bats les couilles, j'vise plus le sommet »). Avec, toujours, cette lueur de tristesse dans la voix des deux frangins, celle qui vient recouvrir leurs corps dont les formes athlétiques masquent à peine leur vulnérabilité.

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