À ce jour, les 20 albums les plus importants de 2018

On n’est qu’à la mi-temps de 2018, mais on recense déjà suffisamment de disques impeccables pour tenir le reste de l’année. Voire les dix suivantes. La preuve par vingt.

Grems « Sans titre #7 »

Date de sortie : 19 janvier 2018

Contexte : dans ses interviews, Grems dit avoir voulu faire de « Sans titre #7 » une sorte de best of de ce qu’il est capable d’accomplir, tout en réalisant un disque de hip-hop apte à séduire des légendes de la musique électronique comme Moodyman. Ambitieux, mais le MC a tout pour l’être.

Pourquoi c’est marquant : parce que même si Grems est dans le circuit depuis le croisement des années 1990 et 2000, il n’a toujours pas l’allure de ce patriarche vénéré de la famille auquel on s’est habitué avec le temps. Traduction : le Français est toujours plein de surprises, et c’est toujours bien de voir un artiste qui prend inconsciemment tous les risques et se contrefiche royalement des répercussions possibles sur sa carrière.

Vald « Xeu »

Date de sortie : 2 février 2018

Contexte : un an à peine après « Agartha », Vald resserre l’effectif autour de lui, confie l’ensemble de la production de « Xeu » à Seezy et livre un deuxième album bien plus maitrisé que le premier.

Pourquoi c’est marquant : parce que Réflexions basses et cette punchline, d’ores et déjà culte : « Soit je rappe, soit j'me défonce : dans les deux cas, j'me déshumanise. J'me défonce pour oublier que quand j'me défonce pas, je ne fais que du rap : est-ce que tu visualises ? »

MGMT « Little Dark Age »

Date de sortie : 9 février 2018

Contexte : il y a des singles qui hantent le public et des singles qui hantent leur auteur. Time To Pretend et Kids font visiblement partie de la première catégorie, tant MGMT continue, dix ans après, de se réinventer.

Pourquoi c’est marquant : parce que derrière leur look d‘acteurs hollywoodiens, Ben Goldwasser et Andrew VanWyngarden sont de formidables expérimentateurs en studio, capables de mettre en place de véritables rébus sonores comme de composer des hymnes à reprendre en chœur (Me And Michael).

Kendrick Lamar « Black Panther : The Album »

Date de sortie : 9 février 2018

Contexte : on est alors début février, tout le monde ne parle que du nouveau film des studios Marvel, mais Kendrick Lamar, toujours en état de grâce, parvient une fois de plus à attirer les projecteurs sur lui avec un album au casting XXL (SZA, Vince Staples, Jorja Smith, Anderson .Paak, James Blake, The Weeknd)

Pourquoi c’est marquant : parce que si vous avez lu le paragraphe ci-dessus, vous savez pertinemment qu’il n’y a rien à ajouter.

Anna von Hausswolff « Dead Magic »

Date de sortie : 2 mars 2018

Contexte : du rock gothico-progressif et dépressif, des morceaux enregistrés à l’orgue et qui s’étirent sur plusieurs minutes, des mélodies parfaites pour illustrer les longs plans-séquences de Terrence Malick : oui, l’univers développé par Anna von Hausswolff a tout pour faire fuir l’adepte des tubes FM. Et pourtant…

Pourquoi c’est marquant : parce que même si la musique de la Suédoise a tout pour plaire aux étudiantes compliquées, aux lectrices de Houellebecq et aux amateurs de rock bruitiste, « Dead Magic » n’en reste pas moins un disque sublime, parfaitement orchestré et poétique.

Feu! Chatterton « L’Oiseleur »

Date de sortie : 9 mars 2018

Contexte : trois ans que l’on attendait la suite de « Ici le jour (a tout enseveli) », et on n’a pas été déçu : « L’Oiseleur » est même sans doute plus cohérent, moins dispersé et davantage taillé pour le live que ne l’était le premier essai.

Pourquoi c’est marquant : parce qu’on préfèrera toujours cette poésie à celle pré-fabriquée par Eddy de Pretto, actuellement poursuivi par les coiffeurs de la France entière pour coupe non autorisée par la décence.

Young Fathers « Cocoa Sugar »

Date de sortie : 9 mars 2018

Contexte : des lives époustouflants, des projets quasiment chaque année, une présence sur la B.O. de Trainspotting 2, les trois Écossais n’ont visiblement qu’un seul objectif : prendre l’auditeur en grippe et ne plus jamais le lâcher.

Pourquoi c’est marquant : parce qu'en écoutant « Cocoa Sugar », on se fiche de savoir si on écoute du rap, du rock, de la soul ou du R'n'B. Ici, tout se mélange et on aime profondément ce genre de partouzes musicales.

Isha « La Vie Augmente Vol.2 »

Date de sortie : 23 mars 2018

Contexte : alors que Roméo Elvis, Caballero & JeanJass ou encore Damso raflent la mise du côté du streaming et des disques vendus, Isha se crée une solide communauté au sein d’un underground qui ne demande qu’à s’élargir.

Pourquoi c’est marquant : parce qu'entre des featurings avec Makala ou Caballero & JeanJass, Isha parsème son disque de quelques confessions intimes, suffisamment bien amenées et sincères pour captiver l'oreille.

Amen Dunes « Freedom »

Date de sortie : 30 mars 2018

Contexte : à l’heure où on reproche aux poppeux de s’être institutionnalisés et de ne plus rechercher l’innovation, Amen Dunes prouve à chaque album qu’il ne craint pas de se mettre en danger. Preuve en est une fois de plus avec « Freedom », entre post-punk et pop taillée pour les ondes FM.

Pourquoi c’est marquant : parce qu’Amen Dunes n’avait jusqu’à présent pas convaincu sur toute la longueur d’un album. Et parce que « Freedom » contient un hommage au surfer Miki Dora, ce qui en dit long sur le cool du songwriter new-yorkais.

Cardi B « Invasion Of Privacy »

Date de sortie : 6 avril 2018

Contexte : au sein d’une époque où un artiste n’est plus forcément une force créative, mais bien une marque, Cardi B s’est créé un personnage parfait, au charisme certain et au passé de strip-teaseuse assumé. « Ils m'ont donné deux options pour salope : strip-tease ou la lose / Je dansais dans un club juste à côté de mon école / J'ai dit « danser » pas « baiser », ne vous faites pas d'idées », rappe-t-elle dans Get Up 10.

Pourquoi c’est marquant : parce que Cardi B s’est non seulement imposée comme l’une des rappeuses les plus populaires de tous les temps, mais parce qu'elle est aussi capable de surclasser le temps d’un morceau, et en termes d’interprétation, ses invités : YG, Chance the Rapper, Migos, SZA, Kehlani...

Kali Uchis « Isolation »

Date de sortie : 9 avril 2018

Contexte : contrairement à ses projets précédents, Kali Uchis ne met presque pas ses origines colombiennes en avant sur son premier album. Dans l'idée de conquérir le monde et de mettre en son un mélange pop et de R'n'B en quête d'universel ? C’est en tout cas l’impression laissée par « Isolation ».

Pourquoi c’est marquant : parce que, au-delà de son casting (Jorja Smith, Bootsy Collins, Tyler, The Creator, Damon Albarn, Steve Lacy, Thundercat ou Kevin Parker), « Isolation » est une usine à tubes qui annonce une débauche de nuages dans un ciel d’été.

Myth Syzer « Bisous »

Date de sortie : 27 avril 2018

Contexte : ça faisait des années que l’on admirait Myth Syzer tout en fantasmant secrètement l'idée d’un album solo où il s’imposerait comme LE producteur de la scène musicale francophone. C’est désormais chose faite avec un casting de luxe (Doc Gynéco, Hamza, Lolo Zouaï, Ichon, Roméo Elvis,…).

Pourquoi c’est marquant : parce que « Bisous » est bourré de titres ultra calibrés et extrêmement resserrés, parfaits pour accompagner les longues journées d’été à venir.

Jon Hopkins « Singularity »

Date de sortie : 4 mai 2018

Contexte : Jon Hopkins a mis cinq ans à enregistrer et finaliser « Singularity » et a donc vu les modes changer. Lui est simplement resté fidèle à sa ligne de conduite, et ça s’entend à chaque seconde de cet album essentiel.

Pourquoi c’est marquant : parce que, dix-sept ans après ses débuts, l’Anglais continue de surprendre et de développer des épopées électroniques sur lesquelles on est obligé de revenir pour en saisir toutes les nuances – logique de parfois penser en l’écoutant à Four Tet ou Pantha Du Prince.

Arctic Monkeys « Tranquility Base Hotel + Casino »

Date de sortie : 11 mai 2018

Contexte : aux côtés de Damon Albarn, Alex Turner est probablement la dernière pop star anglaise à oser se mettre ainsi en danger, à délaisser les guitares le temps d’un album prêt à dérouter les fans de la première heure, comme les amateurs de riffs aiguisés.

Pourquoi c’est marquant : parce que, entre autres mérites, Alex Turner écrit de sublimes d’histoires, toutes plus finement narratives les unes que les autres. Et parce que chaque chanson de « Tranquility Base Hotel + Casino » composée au piano parvient à nous faire oublier l’horrible bouc de son auteur. Pas rien.

Parquet Courts « Wide Awake! »

Date de sortie : 18 mai 2018

Contexte : voilà sept ans et six albums que les New-yorkais secouent une scène rock en mal de renouveau. « Wide Awake! » ne déroge pas la règle : produit par Danger Mouse, il pourrait même être l’album à succès que Parquet Courts mérite tant.

Pourquoi c’est marquant : parce qu’on l’a dit ici-même, « les gars de Parquet Courts semblent jouer leur vie à chaque morceau et continuent avec « Wide Awake! » de composer des brûlots à chanter à tue-tête, l’haleine chargée de bière bon marché ». C’est assez clair, non ?

Pusha T « Daytona »

Date de sortie : 25 mai 2018

Contexte : courant mai, Kanye West annonce cinq albums à paraître d’ici juillet. « Daytona » est le premier à voir le jour, et il est probablement le plus abouti. Et pas seulement parce qu’il a donné naissance à un clash avec Drake.

Pourquoi c’est marquant : parce qu’il met du respect sur le nom de Pusha T, rappeur essentiel du paysage hip-hop US depuis le début des années 2000, mais trop méconnu du grand public malgré un album comme « My Name Is My Name » 2013.

Caballero & JeanJass « Double Hélice 3 »

Date de sortie : 1 juin 2018

Contexte : dernier volet de la trilogie « Double hélice » pour les deux Belges, moins clownesques qu'on ne pourrait le croire. Des mecs tout simplement "incroyaux", comme ils disent.

Pourquoi c’est marquant : parce qu'on tient là le buddy movie de l'année, avec ses références à la pop culture, sa vision du monde unique et ses répliques absurdes mais cultes : « Le seul faux-cul à qui je tendrai la main est celui de Nicki Minaj. »

Jorja Smith « Lost & Found »

Date de sortie : 8 juin 2018

Contexte : on l’a vu aux côtés de Drake, sur le plateau de Quotidien, en couverture des Inrocks : que dire d’autres, sinon que tout va bien pour Jorja Smith ?

Pourquoi c’est marquant : parce qu’on n’avait probablement plus entendu ce mélange de R'n'B et d’efficacité pop depuis Amy Winehouse, influence assumée de la jeune anglaise, chouchoutée également par Kendrick Lamar.

Damso « Lithopédion »

Date de sortie : 15 juin 2018

Contexte : après des mois de teasing, une polémique avec la fédération de football belge et une tournée sold out partout en France et en Belgique, Damso balance enfin « Lithopédion » et confirme qu’il marche actuellement sur la concurrence.

Pourquoi c’est marquant : parce que, sans véritablement surprendre, Damso s’en remet à ce qui a toujours fait sa force et sa marque, soit la dimension mélancolique, rugueuse et poétique de son verbe.

Kamasi Washington « Heaven and Earth »

Date de sortie : 22 juin 2018

Contexte : au sein d’une année où le jazz est officiellement redevenu cool (grâce notamment à une scène anglaise incroyablement fertile et défricheuse), l’Américain s’impose comme le leader, celui qui dicte la tendance à suivre.

Pourquoi c’est marquant : parce que le jazz de Kamasi Washington est plus que jamais libre et se révèle particulièrement puissant, plein d’échos de genres reconnaissables – hip-hop, soul, musiques électroniques -, mais résolument mystérieux dans ses arrière-pensées.

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