TAUR, l'interview confession

TAUR en est déjà à son troisième EP pourtant ce n’est pas la confiance en lui qui semble l’étouffer. Et ce ne sont pas ses chansons mélancoliques et pleines d’émotion qui diront le contraire. Pour la sortie de son EP, le 4 mai dernier, on est donc parti lui poser quelques questions.

Tu pourrais mettre des mots sur ton univers musical ?

Je dirais : acéré, précis et sensible. J'essaie de faire un truc ultra pop et ciselé, presque mathématique, alors que de l'autre côté mes chansons sont à fleur de peau avec des paroles sombres. C'est de l'émotion brute, un mélange de perfectionnisme et de sensibilité.

Justement, d'où te vient cette sensibilité exacerbée?

Je ne sais pas, faut dire que j'en ai chié dans la vie du coup j'ai plein de trucs à dire sur ce que je ressens tout le temps. Ça vient de plein de choses : d'un collège qui n'a pas été très agréable, d'une période fin de lycée où je n'étais pas très heureux non plus, beaucoup de problèmes de santé aussi. J'ai cru que j'allais y passer plein de fois. Du coup au bout d'un moment tu te fortifies et tu commences à en parler.

Tu faisais de la musique dans ces moments-là ?

Oui, j'ai toujours fait de la musique, surtout avec mon ancien groupe Kid North. Mais de la musique dans cette veine-là non, c'est venu avec TAUR. C'était le but du projet de dire ce que je pense et ce que je ressens et il est arrivé à un moment où j'allais vraiment très mal. Ça a commencé avec la chanson Black Fire pour voir si j'arrivais à guérir ou non.

T'écoutes quoi en ce moment ?

C'est marrant parce que j'écoute très peu de musique. Je peux passer une semaine sans en écouter, ça ne me dérange pas. À mon avis j'ai tellement la tête dans ce que j'ai envie de faire que j'ai peur d'être une éponge et de voler sans faire exprès. J'ai une très mauvaise mémoire du coup j'ai une appli pour voir toutes les chansons que j'écoute : il y a cinq ans j'en écoutais 10 000, l'année dernière c'était 700. En ce moment il y’a quand même un groupe londonien qui me plait beaucoup, c'est Honne, une sorte de mélange entre James Blake et Beyoncé.

L'un des morceaux qui se détache le plus de ton EP c'est Strong. Tu peux en parler ?

C'est une chanson qui parle de l'abandon de la musique. Le processus de production a été très compliqué, ça fait quatre ans que je suis sur le projet et que je m'y investis vraiment à fond pour laisser un truc dont je serai fier quand je serai vieux. C'est cette auto-pression constante qui est au cœur du morceau, le dilemme qui s'impose d'abandonner la musique et vivre normalement ou de continuer.

C'est toi qui as réalisé le clip ?

C'est moi qui réalise tous mes clips. Strong est peut-être celui qui colle le moins aux paroles mais il y a cet esprit de dualité que j'aime bien. D'ailleurs la moitié du temps ce n'est pas moi qui apparaît à l'image, j'ai filé toutes mes affaires à un pote pour brouiller les pistes et donner ce côté "qui est qui". Pour un clip à petit budget et un peu improvisé, on s'est pas mal débrouillés.

Il y a aussi le morceau The Constant.

Quand j'ai composé ce morceau je bougeais tout le temps, pourtant je suis loin d'être un grand danseur. J'ai très peu confiance en moi et j'ai du mal à gérer mon image mais pour le clip je me suis dit qu'il fallait pousser le concept jusqu'à aller danser dans la rue, devant plein de monde. Je me voyais pas le faire tout seul du coup j'ai demandé à plein de monde de danser aussi et au final c'était assez libérateur. J'ai besoin que ma musique m'amène quelque part et là c'était le cas.

Qu'est-ce qui a changé avec tes premiers EP ?

Je faisais peut-être trop attention à ce que voulaient les autres. Inconsciemment j'orientais certainement un petit pourcentage de ma composition vers ce qui pouvait être susceptible de plaire. Là j'ai décidé de faire ce que je veux donc c'était plus dur à composer. Huit mois pour quatre morceaux c'est beaucoup trop de temps mais au moins je suis content de ce que j'ai sorti et c'est la première fois que ça m'arrive. Là y'a plus le droit au coup d'essai, je suis réaliste, il y a des chances que je sorte mon premier album puis que je disparaisse donc il faut qu'il soit parfait. Qu'à 80 ans je le réécoute en me disant qu'il est mortel.

TAUR sera en concert le 17 mai au Pop-Up du Label (Paris) avec NVDES et Degree. Son EP c'est juste en dessous

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