Fifou, le mec derrière plus de 600 pochettes du rap français

Depuis le début des années 2000, Fifou est le type que les rappeurs français appellent lorsqu'ils souhaitent avoir une belle pochette pour leur projet. Pas la peine de chercher : PNL, Lino, Kaaris, Mac Tyer, Kalash Criminel, Soprano, Alonzo, Maître Gims ou encore Lacrim, c'est lui. Interview.

Quel est l’artiste qui t’a vraiment lancé dans le business de la pochette de rap ?

En 2000, j’étais animateur radio et DJ Mars avait une émission juste après la mienne. De fil en aiguille, je voyais les gars de 2 Bal, de La Brigade, venir rapper, je leur montrais ce que je faisais comme illustrations. Je ne faisais pas encore de photos à l’époque. Je dessinais des logos pour des groupes, par exemple. C’est comme ça que j’ai démarré dans le milieu. Je crois que celle qui m’a mis un pied à l’étrier, c’est Princesse Aniès. Grâce à elle, je me suis retrouvé en stage chez le magazine Radikal, qui a fini par me garder comme illustrateur. Mais celui qui m’a le plus boosté, ça reste Lino, quand j’ai bossé sur son premier album solo, « Paradis Assassiné ». C’était la première fois que je sortais du milieu indépendant pour travailler avec une maison de disque.

« La pochette de l’album de PNL, il y a dix ans, on m’aurait ri au nez ! »

Parmi les célèbres pochettes que tu as signées, il y a celle de « Noir D**** » de Youssoupha…

On avait déjà travaillé ensemble sur son album précédent, « Sur les chemins du retour ». Les maisons de disques avaient des idées bien arrêtées sur ce que devait être une pochette de rap. Quand il est redevenu indépendant pour « Noir D**** », il m’a dit de me faire plaisir. Je lui ai dit : « Ok, bah on ne te met pas sur la pochette alors. » On cassait les automatismes du milieu.

Les pochettes de rap ont beaucoup changé depuis tes débuts ?

Dans les années 2000, c’était style crâne rasé, visage crispé, capuché, énervé. Bon, il y en a encore qui mettent des cagoules  je viens de travailler avec Kalash Criminel par exemple. Mais les codes se sont ouverts aujourd’hui. Depuis que des Américains comme A$AP Rocky ou Kanye West ont commencé à ramener une imagerie plus mode, plus nineties, à épurer leur image, les rappeurs de cités françaises ont commencer à vouloir du rose, des arc-en-ciels, puis à se laisser pousser les cheveux.  J’ai bossé sur la pochette de l’album de PNL, jamais je n’aurais pu faire ça il y a dix ans, on m’aurait ri au nez. C’est pastel, fluo bizarre, assez improbable.

« Aujourd’hui tu peux faire un truc qui ressemble à la cover de « The Dark Side Of The Moon » pour un rappeur du ghetto ».

Le rapport avec les rappeurs change aussi ?

Les artistes misent tout sur leur image. On fait des repérages, des codes couleurs pour les fringues, les rappeurs m’envoient des idées, des références. Ça n’existait pas avant. Je bossais comme un charcutier, ils faisaient la queue en bas de chez moi et on improvisait sur le moment. Il y a eu cette période où les photos-montages marchaient à mort, mais aujourd’hui, je ne shoote que à l’argentique, sans retouche. Je bosse avec le groupe XV en ce moment, anciennement XV Barbare, franchement, ça pourrait être une pochette électro. Tu peux faire un truc qui ressemble à la cover de « The Dark Side Of The Moon » pour un rappeur du ghetto.

Plus de visuels sur sa délirante page Facebook officielle.

Quand un singe applaudit ta cover pleine de diamants dans la jungle. Merci PNL #qlf #diamant #DLL

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