Michel Polnareff : toutes les fois où on l’a perdu de vue

De ses débuts yéyés jusqu’à sa récente hospitalisation qui fait polémique, Michel Polnareff a toujours aimé jouer à cache-cache. Résumé du jeu de piste le plus « tu me vois tu me vois pas » jamais inventé par un chanteur français.

1964, yéyé qui fait non. L’histoire commence par une fugue. En 1964, jeune diplômé du conservatoire, Michel Polnareff (c’est son vrai nom) part avec sa guitare sous le bras et monte les marches de Montmartre pour gratter le manche et faire la manche. Il vivra trois hivers dehors, à partager l’argent de la quête avec ses potes beatniks. En 1966, La poupée qui fait non lui vaut un premier succès populaire : les babas ne trouvent pas ça cool. Ils virent Polnareff de Montmartre. Première fuite en avant.

1973, exil aux USA. Après avoir refusé Barclay dans sa période hippie, Polnareff enchaine les bombes chez Disc’AZ : « Love Me, Please Love Me » (1966), « Le Bal des Laze » (1967), « Polnareff’s » (1971), « Polnarévolution » (1972) sont les albums de tous les tubes première période. On y croise Jean-Claude Vannier et Dabadie dans des orchestrations et des textes au sommet. La suite est connue. En 1973, Michel est escroqué. Son homme de confiance, Bernard Seneau, s’est enfui avec le magot et lui laisse une ardoise fiscale d’un million de francs. Le chanteur fuit aux États-Unis à bord du paquebot France.

1981, coucou me revoilou (dans un manoir). En 1981, il revient en France pour réaliser l’album « Bulles » (on dit que c’est le préféré des gars de Justice), dont les bonnes ventes épongent un peu les frais, mais Michel Polnareff repart aux USA. De retour incognito en France quatre ans plus tard, devinez où ? Dans une planque totale : l’hôtel Manoir de Chaubuisson à Fontenay-Trésigny, en Seine-et-Marne, puis, quand l’hôtel ferme, dans un appartement appartenant aux propriétaires d’un café du coin. Mais ce n’est pas tout, Polna traîne aussi sur le Minitel, qui lui inspirera Goodbye Marilou. C’est à ce moment-là que Polnareff, malade des yeux, profite du boom de l’informatique pour progressivement disparaître dans les écrans pixelisés.

2007, revenir mieux pour remplir plus. L’année de son grand retour. Les nouveaux morceaux promis ne sont pas arrivés, mais le chanteur qu’on croyait cuit remplit Bercy plusieurs soirs d’affilée. C’est sa première scène française depuis 34 ans, même si dans son « Live at the Roxy » (Los Angeles, 1995) on entend un public hurler en français entre les morceaux (« Une autre, Michel ! »). Il refait le coup neuf ans plus tard, promettant même un album qu’on attend toujours et entame une tournée en 2016…

Le 12 décembre. On apprend qu’une double embolie pulmonaire l’empêche de monter sur scène. Les communiqués se contredisent sur les conséquences de plusieurs annulations de dates et ses conditions d’hospitalisation à l’hôpital américain de Paris… Où est vraiment Michel Polnareff ? Sur les réseaux sociaux, c’est certain. Mais encore ? Derrière une paire de lunettes noires. Et on n’en saura pas plus.

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