Le disque du jour : "Bisous" de Myth Syzer

Après plusieurs singles prometteurs, Myth Syzer publie enfin son premier album, du talent et des idées plein la tête

Jeune et ambitieux. « Bisous » n’est pas l’album mégalo d’un producteur en quête de reconnaissance. Oui, Myth Syzer le signe de son propre nom, mais il déteste visiblement être seul, travailler seul. En somme, il a besoin d’un clan. Même sur ce premier disque en solo, le producteur de Bon Gamin a donc continué de travailler avec ceux qui constituent son entourage depuis plusieurs années (Ichon Muddy Monk, Bonnie Banane, Hamza, Loveni ou encore Oklou), ajoutant à ce casting déjà séduisant quelques noms bien clinquants (Roméo Elvis, Doc Gynéco, Jok’Air).

Populaire. Évidemment, avec une telle meute de cadors, l’équilibre peut parfois donner l’impression de vaciller. Mais « Bisous » est avant tout un des disques les plus intelligents qui soient en matière de pop/r'n'b langoureuse, murmurée par des lèvres gourmandes et soutenue par des mélodies qui s’embarrassent peu des stéréotypes de genre, s’imposant comme un projet hybride qui assumerait le premier degré et le kitsch. Ça tombe bien, Myth Syzer rejette la binarité et déplore la scission mainstream/underground. Son projet est tout autre. Coller à l’époque, fuir toute forme d’élitisme et faire corps avec la vision de son auteur, véritable chef d’orchestre ici d’un disque qui refuse de s’éparpiller et ne parle que d’une voix, dans une langue sensuelle, trainante et profondément attirante.

Sexy et moderne. Sur « Bisous », on retrouve bien évidemment les tubes dévoilés au compte-goutte depuis l’été dernier (Le code, Coco love, Austin Power ou Sans toi), mais il y en a bien d’autres : Cœur Brisé, La piscine, Tocard... tous maitrisent ce complexe équilibre entre variété française, hip-hop et culture musicale anglo-saxonne.

Tous, surtout, ont été composés après une rupture amoureuse, et ça s'entend : « Bisous » est un disque porté par treize redoutables pop-songs gorgées de romantisme, de désirs et de pensées obscènes, chantées avec cette naïveté qui ferait passer le résultat pour de la facilité. Sauf que, justement, cette simplicité est très compliquée à atteindre. Elle constitue même l’essence de ces tubes qui se chantent avec un accent moderne et aguicheur, traversent les époques et invitent aux siestes canailles.

Crédit photo : Alice Moitié.

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