Pourquoi le rap cartonne autant en streaming ?

Plébiscités sur les réseaux, les rappeurs donnent l’impression d’avoir saisi mieux que quiconque les codes du streaming. Au point d’éclater un record chaque semaine et d’éclipser chaque jour un peu plus le rock dans le cœur des mélomanes.

« L’homme ment, la femme ment, les chiffres non ! » Ce célèbre adage de Jay-Z n’a peut-être jamais paru aussi vrai que ces derniers mois. Bon, bien sûr, il y aura toujours possibilité de remettre en cause les 170 millions d’écoutes de Niska ou les 61 000 ventes de Booba en première semaine, surtout quand on sait qu’il suffit de payer 2 500 dollars sur Streamify pour acheter deux millions d’écoutes sur les plateformes de streaming. Mais les faits sont là : en 2017, que ce soit en France ou aux États-Unis, chaque nouvel album d’un poids lourd du rap a battu un record établi par le précédent.

Hip-hop > Rock. Des études sont d’ailleurs là pour confirmer cette impression. C’est le cas, par exemple, de celle menée par l’agence américaine Nielsen. À bien regarder les données collectées, la réalité saute en effet aux yeux : sept des dix albums les plus vendus et les plus écoutés sur les sites de streaming aux États-Unis sont issus du hip-hop ou du R’n’B. Plus fort encore : le hip-hop aurait vu ses écoutes augmenter de 59% en 2017, lui permettant ainsi de reléguer le rock au rang des musiques réac et de s’imposer comme le genre musical le plus populaire de notre époque.

« Le smartphone qu’un ado a dans la poche remplace une bonne dizaine d’appareils. »

Nouvelle école. Ce phénomène s’explique avant tout sociologiquement. Très écouté sur les plateformes, le hip-hop bénéficie en effet de l’accessibilité de Spotify et des autres sites auprès des plus jeunes générations, désormais équipées de smartphones leur permettant d’avoir la mainmise sur ce qu’ils écoutent et de découvrir les titres du moment sans passer par les supports des parents (la radio, la chaîne hifi ou, pour les plus vieux, le tourne-disque).

« Ce qu’on oublie souvent de réaliser, c’est que le smartphone qu’un ado a dans la poche remplace une bonne dizaine d’appareils que les quadras d’aujourd’hui utilisaient quand ils étaient eux-mêmes plus jeunes, précise d’ailleurs dans une interview au Parisien Céline Cabourg, co-auteure de l’ouvrage Portables : la Face cachée des ados. Plus besoin, pour les ados d’aujourd’hui, d’un walkman ou d’un iPod, d’un appareil photo, d’une console de jeux portable, d’une télévision ou même d’un journal intime. Le smartphone sert à tout cela à la fois et surtout à socialiser et à se connecter à ses pairs. »

Influences mutuelles. Un peu comme dans les années 1980, époque où les artistes découvrent le Top 50 et composent des morceaux adaptés au format radio, le streaming a même aujourd’hui une influence sur le processus créatif des rappeurs. Dans une interview à Booska-P, Lacrim explique ainsi ne plus se soucier de composer des hits grâce aux plateformes de streaming. Un peu comme si ces supports offraient désormais une alternative aux radios, mais permettaient également aux rappeurs de laisser libre cours à leur imaginaire, artistique ou marketing. Quitte à balancer des albums de presque vingt titres ou deux disques par an histoire d’augmenter le montant généré par les écoutes…

 

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