47 ans après, l'histoire du "Sticky Fingers" des Rolling Stones

Le 23 avril 1971, les Rolling Stones débarquaient avec l’un des disques les plus mythiques de tous les temps et une pochette sacrément burnée. Retour sur l’histoire de « Sticky Fingers ».

Pour enregistrer l’album, il aura fallu deux ans et un studio mobile aux Rolling Stones, alors autant dire qu’ils ont pris leur temps. Certainement beaucoup de drogues aussi puisque c’est l’un des thèmes principaux de l’album avec des références à peine dissimulées, notamment dans Sister Morphine.

Mais « Sticky Fingers » ne se contente pas de compiler quelques-uns des morceaux les plus connus des Stones comme Wild Horses ou Brown Sugar. C’est aussi l’album des premières fois : le tout premier sorti chez Rolling Stones Records, le premier avec Mick Taylor comme membre à part entière et surtout la première apparition du mythique logo réalisé par John Pasche.

Pochette surprise. En-dehors du logo, l’image qui a traversé le temps est celle de la pochette de l’album, classée à la vingt-deuxième position des meilleures illustrations de tous les temps selon Billboard. Il faut dire qu’elle attire le regard avec sa vraie fermeture éclair, son jean bosselé et la surprise de découvrir un magnifique slip en coton blanc une fois le zip défait.

La personne qui se cache derrière cette braguette grandeur nature, c’est Andy Warhol. En 1969, à l’occasion d’une soirée new-yorkaise, il a soufflé l’idée à l’oreille de Mick Jagger qui l’a adorée. L’album n’était pas encore sur les rails mais deux années plus tard, une fois l’album bouclé, Mick s’est empressé d’envoyer une lettre à Andy pour qu’il en réalise la pochette. Dans cette correspondance Mick ne laisse qu’une seule recommandation à Andy : « De ma courte et douce expérience, plus le format de l’album est compliqué, plus la reproduction sera fastidieuse. Ayant dit cela je laisse vos mains libres de faire ce qui leur plaira. » La suite on la connaît, Andy n’en fait qu’à sa tête et dévoile certes l’une des pochettes les plus mythiques de tous les temps, mais aussi l’une des plus compliquées dans la conception.

Ouverture facile. Le problème avec cette pochette, c’est que de nombreuses personnes ayant fait l’acquisition de l’album ont remarqué que le vinyle était rayé. Les détaillants ont rapidement remarqué que la fermeture, en pressant sur les sillons lors de l’ouverture de la braguette, abîmait le vinyle. La majorité des exemplaires vendus à l’époque étaient donc systématiquement rayés au niveau du morceau Sister Morphine. Un problème que Craig Braun, qui travaillait à l’époque sur la réalisation de l’album, a résolu le plus simplement du monde : en abaissant la braguette pour éviter les rayures. Résultat ? « Ça a marché et c’était encore mieux de voir la fermeture éclair tirée à mi-chemin ! »

Qui est-ce ? Près de cinquante ans plus tard, un mystère plane toujours autour de la couverture de « Sticky Fingers ». À qui appartient l’entrejambe ? Les fantasmes de beaucoup veulent qu’il s’agisse de celui de Mick Jagger en train d’assumer son statut de sex-symbol. Pourtant, si le secret reste entier même en 2018, Mick Jagger n’a pas posé pour la pochette. Andy Warhol, qui a dirigé le casting photo, a fait défiler une dizaine de modèles sous l’objectif de Billy Name avant de faire son choix. Chacun d’entre-eux repartait avec un billet de 100$ dans la poche du jean qu’il avait baissé pour la photo, pas cher payé pour figurer sur une pochette aussi iconique. En tout cas, plusieurs résidents de la Factory (l’atelier d’Andy Warhol) qui ont posé pour la couverture revendiquent à présent leur entrejambe : le maquilleur Corey Tippin, l’acteur Joe Dallesandro et Eric Emerson (clairement identifié pour ses attributs selon Ultra Violet, la superstar de Warhol). Pour ce qui est du slip en coton, il s’agit de Glenn O’Brien, le rédacteur en chef du magazine Interview.

Trop provocant. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Rolling Stones n’avaient pas une image de sains à l’époque et qu’ils ne comptaient pas s’assagir non plus. En sortant leur album avec cette couverture, ils savaient pertinemment que la pochette aurait du mal à passer pour certaines personnes et les réactions ne se sont pas faites attendre. Si la Russie s’est contentée de rajouter une étrange boucle de ceinture de l’armée soviétique, l’Espagne de Franco interdit la pochette et la change par un autre visuel : une boite de conserve remplie de doigts féminins coupés. C’est vrai que c’est de suite beaucoup moins trash.

L’album a fait l’objet d’une réédition en 2015 avec Eric Clapton à la guitare sur Brown Sugar.

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