Toute la French touch racontée dans le (très gros) docu "French Waves"

Passionné par la French touch, le réalisateur Julian Starke a conçu un documentaire pachydermique. "French Waves" c’est : une web-série, des soirées, des conférences et un long métrage, dont il nous parle, ici, à quelques jours de l’avant-première de son film au Rex, à Paris.

Salut Julian. Qui es-tu et quel âge as-tu ?

J’ai 25 ans, ça fait trois ans que je travaille sur French Waves presque à temps plein. J’avais monté le collectif-label Pain Surprise avec des amis il y a 7 ans et c’était limite plus important que nos études à l’époque. On avait des concepts de soirée et des artistes (dont Jacques), et je commençais à réaliser des clips pour eux. Au départ, j’avais l’idée d’un petit documentaire, mais la production m’a poussé à beaucoup écrire. Par la suite, sur le tournage, j’étais libre et seul dans tous mes choix. Parfois je m’étonnais de voir que je faisais exactement ce que je voulais ! Ça m’a appris à reconnaître une bonne d’une mauvaise idée.

Julian Starke

Entre le docu, la web-série et les soirées-conférences, il y a vraiment beaucoup de points d’entrée dans French Waves. On se demande du coup quel a été pour toi, le départ de tout ça ?

La genèse du projet vient d’un ami de Pain Surprise, qui s’appelle Félix de Givry, qui a été « casté sauvagement » pour jouer dans Eden, le film de Mia Hansen-Løve. À ce moment-là, on a tous lu le scénario, et j’ai ressenti un lien assez fort entre l’énergie collective dans la French touch des nineties et notre propre énergie. C’est là que j’ai commencé à penser French Waves. Très vite mon producteur m’a poussé à actualiser ma vision, d’où par exemple cette idée de web-série pour raconter un titre par épisode, qui est venue tout de suite.

Après trois ans de travail, tu ne sembles pas du tout dogmatique dans ton approche du mouvement.

Pas du tout, c’est très subjectif. Au début, les passages sur les raves sont même plutôt fantasmés. Aujourd’hui il y a tellement de chapelles musicales… Quand on a sorti l’épisode sur le morceau de Bob Sinclar, des commentateurs se sont demandés pourquoi il y avait « la musique de la Star Ac », ha ha. Or, je ne voulais pas me cantonner à un style, mais plutôt célébrer toutes ces musiques. Et puis la forme a évolué au fil de mon travail, ce qui ne pouvait plus en faire un docu « historique ». Je suis allé tourner aux USA, avec des jeunes (Rone par exemple), je les ai suivis en studio, en tournée, pour cristalliser un moment de leur carrière.

C’était pas difficile de « sortir de nulle part » ?

Je manquais de confiance en moi au début et puis finalement ce qui m’a aidé, c’est ma naïveté. Une des premières interviews importantes pour moi c’est Juan Atkins, qu’on surnomme « The Originator » car il est le premier à utiliser le mot techno pour parler de sa musique. Un jour, il joue à Paris. J’écris un milliard de mails, sans réponse. Finalement je me dis : mince, je prends mon équipe, on se pointe au Showcase, le club où il joue, et on attend jusqu’à 6h du matin… Et en gros j’avais mytho. J’avais prétendu que c’était calé avec son manager, alors que non. Pendant qu’on l’interviewe, les gens du club se rendent compte que c’est n’importe quoi, bref le truc est interrompu mais j’ai eu dix minutes avec lui. Après ça, j’ai appris à faire les demandes de manière plus efficace.

« Avec le « Random Access Memories » des Daft Punk, c’est comme si la boucle était bouclée. »

AZF, l’organisatrice des soirées Jeudi Minuit, nous disait récemment : « Les soirées ont une durée de vie limitée. » Tu penses que la notion de French touch s’est mordue la queue ?

Avec l’album des Daft, « Random Access Memories », instrumental, studio, en compagnie de leurs idoles de jeunesse… C’est comme si la boucle était bouclée. Mais d’un autre côté, la musique électronique est devenue une méthode et non plus un courant. J’ai l’impression que beaucoup de niches peuvent continuer à cohabiter, même si on ne peut plus parler d’une seule French touch.

Enfin, il y a un truc très cocorico à chaque fois que sort un docu sur la French touch. D’où te vient ce patriotisme ?

Mais je ne suis même pas français ! Je pense que le premier truc qui m’a rendu ouf en musique, c’est les Justice. C’était un peu notre punk à nous, nos idoles d’adolescence, qui m’avait fait digger et écouter ce qui s’était passé avant en musique. Et là où j’avais trouvé un point d’entrée vers une musique du passé, je voulais restituer un message vers l’avenir. Est-ce que ça m’a déçu de rencontrer mes idoles ? Non ! Avant je les voyais comme des idoles et là j’ai rencontré des humains.

Chaque jeudi, découvrez un nouvelle épisode de la web-série French Waves.
L’avant-première du film se déroulera le 23 février au Rex dans un cadre festif de bon aloi.

À venir également : une tournée américaine de projections et de soirées avec Pedro Winter, Jacques et Para One. Enfin, la diffusion du film en télé devrait être prévue pour l’été 2017.

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